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Dans plusieurs structures sanitaires du territoire de Walungu, au Sud-Kivu, le manque d’eau potable compromet gravement la qualité des soins, notamment pour les femmes qui accouchent et les patients hospitalisés. Les personnels soignants alertent sur l’augmentation des risques d’infections dans un contexte déjà marqué par les déplacements de populations et la précarité humanitaire.

Au Centre de Santé de Mogogo, les difficultés d’accès à l’eau potable sont devenues un véritable défi pour le personnel médical. Le responsable de ce centre explique que le bâtiment a été conçu avec quatre points d’eau destinés au nettoyage, au lavage du matériel médical et à l’entretien des locaux. Chaque service dispose également d’un point d’eau pour le lavage des mains et les autres besoins essentiels.

« L’infrastructure sanitaire a été pensée pour fonctionner avec un approvisionnement régulier en eau. Malheureusement, cette ressource vitale fait aujourd’hui défaut », déplore-t-il.

Selon lui, il y a environ six ans, l’organisation Tearfund avait identifié une source pouvant alimenter le centre de santé. Toutefois, le projet de captage n’a jamais été réalisé. Une autre source repérée sur la montagne d’Isunzu a finalement été exploitée par une aire de santé voisine et une paroisse qui en avaient également besoin.

Des solutions encore incertaines

Face à cette situation, les responsables du Centre de Santé de Mogogo envisagent de retourner sur la montagne d’Isunzu afin de rechercher une nouvelle source exploitable. Ils comptent solliciter l’appui des bailleurs de fonds pour financer les travaux d’adduction d’eau jusqu’à la structure sanitaire. Cependant, l’accès difficile à cette zone montagneuse et l’absence de garanties quant à l’existence d’une nouvelle source rendent ce projet encore très incertain.

Les femmes déplacées particulièrement touchées

La situation est tout aussi préoccupante au Centre de Santé de Rukwende, dans l’aire de santé de Ngweshe. Le constat effectué par le bulletin humanitaire Habari za Mahali révèle que plusieurs femmes déplacées et retournées qui accouchent dans cette structure sont confrontées à une grave pénurie d’eau potable.

L’infirmier titulaire du centre, Juvénal Cirhuza, indique que ces femmes sont souvent contraintes de parcourir près de quinze minutes à pied pour s’approvisionner en eau, une tâche particulièrement éprouvante après un accouchement.

« Les femmes qui viennent d’accoucher doivent parfois marcher pour chercher de l’eau. Cela augmente leur fatigue et expose davantage les mères et les nouveau-nés aux risques sanitaires », explique-t-il.

Au-delà des femmes en maternité, les autres patients hospitalisés à Rukwende sont également exposés à des risques élevés d’infections et de maladies liées au manque d’hygiène.

Les responsables des structures sanitaires appellent les organisations humanitaires et les partenaires au développement à soutenir la mise en place de systèmes durables d’approvisionnement en eau potable. Pour eux, un accès régulier à l’eau est indispensable pour garantir des soins de qualité, protéger la santé des patients et améliorer les conditions de travail du personnel soignant.

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