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À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, célébrée le 13 juin de chaque année, l’Organisation pour l’Intégration des Personnes Vulnérables et Albinos (OIPEVA ASBL) a organisé, samedi 13 juin 2026, une activité de sensibilisation à l’Universitaire Évangélique en Afrique (UEA), à Bukavu.

Placée sous le thème « Fièrement dans ma peau : célébrons toutes les couleurs de peau », cette rencontre a réuni des personnes atteintes d’albinisme, des étudiants ainsi que des acteurs de la société civile. L’objectif était de promouvoir l’acceptation de la diversité, renforcer l’estime de soi des personnes concernées et combattre les préjugés qui persistent au sein de la communauté.

Prenant la parole, la coordinatrice de l’OIPEVA, Marie-Louise Kitoga, a invité les personnes atteintes d’albinisme à croire en leur potentiel. « Ne vous sous-estimez pas. Croyez en vos capacités comme tout autre citoyen. L’albinisme ne définit pas vos limites », a-t-elle déclaré. Elle a également annoncé la prochaine distribution de kits scolaires destinés aux enfants albinos afin de soutenir leur parcours éducatif.

De son côté, le psychologue Alain Nchiru, intervenant au sein de l’organisation, a insisté sur la nécessité de déconstruire les idées reçues. « L’albinisme est une condition génétique et non une maladie. Les discriminations dont sont victimes les personnes albinos sont souvent le résultat de l’ignorance », a-t-il expliqué, appelant à davantage de sensibilisation dans les familles, les écoles et les communautés.

Même son de cloche pour Anni Binja, coordinatrice de l’OPADEC, qui a rappelé que les personnes atteintes d’albinisme jouissent des mêmes droits que tous les citoyens. « Elles ont droit à l’éducation, à la santé, à l’emploi et au respect de leur dignité. Elles sont des Congolais à part entière », a-t-elle souligné.

Au-delà des échanges, l’OIPEVA a procédé à la distribution de lunettes de soleil et d’huile de protection solaire aux participants albinos. Des équipements jugés indispensables pour prévenir les effets néfastes des rayons ultraviolets sur une population particulièrement exposée aux risques de cancers de la peau et de troubles oculaires.

Selon les responsables de l’organisation, l’accès à ces produits de protection demeure difficile pour de nombreuses familles en raison de leur coût élevé. Ils estiment pourtant qu’ils constituent une nécessité vitale pour préserver la santé des personnes atteintes d’albinisme.

Des discriminations encore persistantes

Malgré les avancées enregistrées en matière de sensibilisation, les préjugés continuent de peser lourdement sur le quotidien des personnes albinos. Certaines croyances assimilant encore l’albinisme à une malédiction ou à un mauvais présage alimentent l’exclusion sociale et la stigmatisation de nombreuses familles.

« Certaines personnes continuent malheureusement à entretenir des mythes autour de l’albinisme. Ces stéréotypes privent souvent les personnes concernées d’opportunités dans plusieurs domaines de la vie », regrette Marie-Louise Kitoga.

L’accès à l’emploi reste notamment l’un des principaux défis évoqués par les participants. Bien qu’elles disposent des mêmes compétences que les autres citoyens, les personnes atteintes d’albinisme sont régulièrement confrontées à des discriminations qui limitent leur insertion professionnelle.

Un appel à un soutien accru

L’OIPEVA affirme accompagner plus d’une centaine de personnes atteintes d’albinisme à Bukavu et dans plusieurs territoires du Sud-Kivu. Toutefois, l’organisation reconnaît que les besoins demeurent largement supérieurs aux ressources disponibles.

Face à cette réalité, elle appelle les autorités congolaises, les organisations humanitaires et les partenaires au développement à renforcer leur soutien en faveur de cette catégorie de la population, souvent confrontée à une double vulnérabilité : sanitaire et sociale.

Pour les bénéficiaires, la lutte pour une meilleure inclusion ne se limite pas à l’accès aux soins ou aux équipements de protection. Elle passe également par la reconnaissance de leur dignité, de leurs droits et de leur pleine participation à la vie sociale, économique et culturelle du pays.

Réactions

Patrick M., participant albinos à Bukavu :

« Cette activité nous redonne confiance. Nous avons besoin que la société nous considère pour ce que nous sommes : des citoyens capables de contribuer au développement du pays. »

Jeannette C., étudiante à l’UEA :

« Beaucoup de préjugés persistent encore. Cette sensibilisation nous aide à mieux comprendre l’albinisme et à lutter contre les discriminations. »

Jean-Claude B., acteur de la société civile :

« Les actions de l’OIPEVA sont importantes, mais elles doivent être accompagnées par des politiques publiques fortes pour garantir l’inclusion des personnes atteintes d’albinisme. »

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