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A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Enfant Africain, l’alerte est grave au Sud-Kivu. M. Rodrigue Bashagaluke, Chargé des Programmes à Congo Hope Initiative, lance un cri d’alarme. Selon lui, les conflits armés volent l’enfance et hypothèquent l’avenir d’une génération entière.

Le défenseur des droits de l’enfant dénonce une réalité brutale. Les enfants sont les premières victimes des guerres qui secouent la province.

« Plusieurs enfants ont été obligés de fuir les affrontements. D’autres sont séparés de leurs familles et se retrouvent dans des sites de déplacés où les conditions de vie sont difficiles. Ils manquent de nourriture, ils ont abandonné les études et ils n’accèdent pas aux soins de santé », explique Rodrigue Bashagaluke.

Pire encore, certains basculent dans l’horreur avec l’enrôlement forcé dans les groupes armés, l’exploitation dans les carrés miniers et des travaux lourds qui détruisent leur corps et leur psychisme.

Pour Congo Hope Initiative, chaque école fermée et chaque enfant déplacé représentent une vie brisée. L’école devient champ de bataille ou refuge pour déplacés. Résultat, des milliers d’enfants sont coupés net de leur scolarité.

Quand vous interrogez ces enfants, ils répondent « Je ne sais pas où se trouve ma famille. Mon papa est décédé. Je suis dans la rue. Tout ça, c’est à cause des conflits armés », témoigne M. Bashagaluke.

Les filles ne sont pas épargnées par les violences sexuelles, l’exploitation domestique et les traumatismes. Les garçons sont recrutés de force et transformés en combattants. Les balles perdues laissent des handicaps à vie et la peur s’installe pour des années.

Face à cette catastrophe silencieuse, Congo Hope Initiative rappelle une vérité simple. La place de l’enfant, c’est à l’école, et non dans les groupes armés, moins encore dans les carrés miniers ou dans des travaux lourds qui nuisent à son développement physique et psychologique.

« La communauté a un grand rôle à jouer », insiste Rodrigue Bashagaluke. Pour lui, tout commence par la connaissance des droits de l’enfant afin de mieux le protéger. Ensuite, il faut agir en dénonçant chaque cas de recrutement forcé auprès des autorités et des organisations. Il faut refuser que l’enfant devienne soldat ou manœuvre de mine.

Congo Hope Initiative, qui œuvre pour la promotion des droits de l’enfant et de la femme en RDC, exhorte parents, leaders locaux et autorités à faire de l’école une priorité absolue, même en temps de guerre.

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