
Les activités scolaires restent fortement perturbées dans plusieurs entités du haut et moyen plateau du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, depuis la reprise officielle des cours le 13 avril 2026 après les vacances de Pâques. En cause, l’intensification des affrontements entre groupes armés qui continue de plonger les populations dans une insécurité persistante.
C’est notamment le cas dans le groupement de Ziralo, où élèves et enseignants n’ont pas repris le chemin de l’école. Depuis le 6 avril, parents, enseignants et élèves ont été contraints de fuir leurs villages vers des zones jugées plus sûres, abandonnant derrière eux maisons, biens et matériels scolaires.
Trois semaines après la rentrée, les écoles restent fermées dans cette partie du territoire. La peur d’éventuels affrontements empêche toute reprise des activités éducatives.
« Nous n’avons même pas eu la possibilité d’ouvrir les écoles. Plusieurs établissements ont été endommagés, et les enfants n’ont plus ni fournitures ni uniformes », témoigne un habitant.
Les conditions de vie des déplacés sont particulièrement préoccupantes. Répartis notamment dans les localités de Lulambo et de Biriko, ces derniers vivent sans assistance, exposés à la faim, au manque d’abris et à une insécurité permanente.
« Les gens ne mangent pas, ne dorment pas et vivent dans une peur constante », déplore un parent rencontré sur place.
Certains témoignages font également état de pertes humaines et de disparitions d’enfants lors des déplacements. « Mon petit enfant est mort en fuyant. Aujourd’hui, nous vivons dans les champs, sans abri, comme des oiseaux sans repère », raconte une mère déplacée.
Face à cette situation, les parents redoutent une année scolaire blanche pour leurs enfants, alors que l’année scolaire 2025-2026 touche à sa fin.
« Nos enfants risquent de perdre toute une année faute d’encadrement », s’inquiètent-ils.
Du côté des acteurs éducatifs, la situation est jugée alarmante. Certains enseignants tentent de s’organiser pour encadrer les élèves finalistes en vue des examens nationaux, mais se heurtent à de nombreuses difficultés.
« Les élèves sont dispersés dans plusieurs villages, nous manquons de salles de classe, de craies et de manuels scolaires », explique Balageza Kalunda, un enseignant de l’école primaire.
Il ajoute que les élèves déplacés font face à un manque criant de fournitures scolaires et de nourriture, rendant tout apprentissage encore plus difficile.
Les populations appellent les partenaires humanitaires à intervenir d’urgence pour fournir une assistance en vivres et non-vivres, et faciliter la reprise des activités scolaires.
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