
Officiellement, les punitions corporelles sont interdites dans les écoles en République démocratique du Congo. Pourtant, sur le terrain, la réalité semble parfois différente. Dans plusieurs établissements, élèves et enseignants évoquent encore l’usage de sanctions physiques.
Dans une école de Bukavu, sous couvert d’anonymat, un élève confie que certains enseignants continuent de frapper les élèves pour des fautes jugées mineures. « Parler en classe ou oublier un devoir peut suffire pour recevoir une punition », explique-t-il.
Du côté des enseignants, les avis sont partagés. Certains reconnaissent utiliser encore la discipline physique par manque d’alternatives ou de formation. D’autres estiment que cela reste un moyen rapide de maintenir l’ordre dans des classes souvent surchargées.
Les inspecteurs scolaires, eux, rappellent que la loi est claire et interdit toute forme de violence contre les élèves. Ils s’appuient notamment sur le Code de protection de l’enfant en RDC, qui garantit le droit de l’enfant à une éducation respectueuse de sa dignité, ainsi que sur les engagements internationaux du pays, dont la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, ratifiée par la RDC.
Un inspecteur de l’enseignement à Bukavu, contacté par notre rédaction, insiste : « Aucun enseignant n’a le droit de frapper un élève. La loi est sans ambiguïté, mais le problème reste son application et le suivi sur le terrain ». Il reconnaît cependant que les mécanismes de sanction restent faibles face aux réalités des écoles surchargées.
Du côté des parents, les réactions sont également contrastées. Certains estiment que “la gifle a aussi permis de former des générations disciplinées”, tandis que d’autres dénoncent une pratique dépassée. Une mère de famille à Kadutu affirme : « Nous voulons une école qui enseigne sans faire peur à nos enfants ».
Les autorités éducatives locales, pour leur part, affirment avoir lancé des campagnes de sensibilisation sur la discipline positive. Mais sur le terrain, les effets restent limités, faute de moyens suffisants et d’un accompagnement continu des enseignants.
Les psychologues scolaires alertent sur les conséquences de ces pratiques. Elles peuvent engendrer stress, peur de l’école et perte de motivation chez les élèves. À long terme, cela affecte la qualité de l’apprentissage et le climat scolaire.
Face à cette situation, des ONG et acteurs de la société civile appellent à renforcer la formation des enseignants sur les méthodes pédagogiques alternatives. Ils plaident pour une approche centrée sur la discipline positive.
L’école congolaise est-elle réellement prête à abandonner la violence éducative ?
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