
Un piège évident
La condamnation à mort de l’ex-président Joseph Kabila, assortie d’une somme pharaonique (environ 30 milliards de dollars) réclamée pour un motif que beaucoup jugent fantaisiste, est sans nul doute un piège grossier destiné à le pousser à la faute stratégique. La réaction fut immédiate : le FCC, son parti – bien qu’interdit de manière jugée abusive – a promis un durcissement de son combat contre ce qu’il qualifie de restauration de la dictature et de musèlement des libertés fondamentales.
Attendue implicitement en raison de l’acharnement et des campagnes de xénophobie qui l’ont précédée, cette décision a néanmoins fait bondir le pouls de la nation.

Après avoir laissé cette vindicte sulfureuse s’accentuer, Kinshasa avait autorisé un test ADN dont les résultats ont été jugés « à leur goût ». Toutefois, au vu du jugement, cet élément semble n’avoir servi qu’à compliquer leur propre arrangement.
On tente de faire croire que la justice de la RDC est indépendante, un fait contredit à maintes reprises durant les deux mandats de Tshisekedi où un seul homme semble décider et diriger, même s’il est perçu comme somnolent.
Une Cohésion Nationale Menacée
Depuis hier, les réseaux sociaux se sont enflammés, relayant massivement cette décision. Comme nous l’avions écrit précédemment (dans « JKabila : un procès inopportun »), ce procès ne desservira pas la cohésion nationale ; bien au contraire ! De Kinshasa aux quatre coins du pays, une ambiance agitée s’installe, faisant craindre le pire dans les jours ou semaines à venir.
Quelle était l’urgence d’une telle action, sinon l’intention persistante de Kinshasa de prolonger ses actions de pillage et d’enrichissement sans cause, voire de modifier la Constitution dans le même but ?
Comment comprendre la géométrie variable du pouvoir ? D’un côté, il accusait l’ancien président de connivence avec l’AFC/M23 pour le condamner à mort, et de l’autre, Kinshasa était lui-même en négociation avec ce même mouvement AFC/M23.
L’Épreuve de Force et la Stratégie du « Soldat »

Mais alors, que va-t-il se passer ? Joseph Kabila ne viendra jamais se livrer à leur potence. Même si le procureur lançait un mandat d’arrêt international, il serait inopérant, car la plupart des chefs d’État de l’UA et d’ailleurs n’ont pas cautionné tous ces procès. La joie macabre du pouvoir de se croire seul maître du terrain risque fort d’être de courte durée. S’ils espèrent une réaction du sénateur à vie, l’obligeant à apporter la preuve de sa propre culpabilité, ils risquent d’être déçus dans l’immédiat.
Suivant cette logique, de nombreux Congolais ont relayé des messages, saturant chaînes de télévision et réseaux sociaux, pour appeler l’ancien président à venir les sauver. Or, nous savons pertinemment qu’en n’ayant pas obtenu de preuve durant le procès, Kinshasa – qui s’en était pourtant vanté – guette désormais les actions de Joseph Kabila. Ils espéraient naïvement que ce coup de massue lui ferait changer de stratégie pour se dévoiler.
Lors de son dernier discours, il avait pourtant déclaré qu’il était un soldat. Fort de son expérience militaire (maquis, formation en Chine, Général des Forces terrestres), il agira donc comme en temps de combat ! Et ce sera pire, car son acte de décès politique est déjà ouvert par cette condamnation ignominieuse.
Rappelons que les dirigeants de l’AFC/M23 ont aussi été condamnés à mort, mais Kinshasa négocie tant bien que mal avec leurs délégués à Doha. Le responsable du M23 a d’ailleurs clairement condamné cette décision qui s’oppose aux prescrits de la Déclaration conjointe de Doha pour la paix.
Kinshasa réussira-t-il à faire sortir l’ex-président de ses gonds ? Nous en doutons, car en stratégie militaire, on répond à l’attaque par des actions plus fortes pour écraser son adversaire, et non par des discours. N’avait-il pas déclaré que le temps des discours était révolu et que c’était le temps de l’action pour redresser le pays ? Que ceux qui ont une vision courte aillent revoir leurs notes.
Dès lors, si l’ancien président réapparaissait au Nord-Kivu, où il a sa résidence et ses propriétés, cela ne serait que normal et non une preuve de collaboration. La liberté d’aller et venir est constitutionnelle et ne se décrète pas par Kinshasa.
Le « Serpent Froid » et l’Attente Populaire
Ainsi, ceux qui espèrent voir le « Raïs » sortir de sa réserve seront surpris de le voir rester coi. S’il devait poser une action d’envergure, il le ferait sûrement sans apparaître, restant dans l’ombre tant que ce sera nécessaire.

Il existe deux types de tempéraments : les émotionnels et les rationnels. Honoré Ngbanda décrivait cet homme comme un « serpent froid ». On l’a comparé à un « taiseux », glorifiant ce trait de caractère en campagne : « celui qui porte des plateaux d’œufs ne se chamaille pas, ne se bat pas ». D’autres rappellent que dans un duel, c’est souvent le dernier à porter le coup décisif qui a le dessus.
Mais ce qu’on oublie, c’est que c’est celui qui tient les cartes qui contrôle le jeu. Kinshasa détient-il toutes les cartes comme il le croit ? Seul l’avenir nous le dira.
Entre-temps, la logique du Congolais d’aujourd’hui, c’est le ras-le-bol ! Non par préférence, mais parce que le pouvoir actuel – en qui ils avaient mis leur espoir – n’a aucun respect pour eux. Hier, sous Mobutu, on réclamait le retour des colons belges. Sous Kabila, certains souhaitaient le retour du régime Mobutu. Aujourd’hui, sous Tshisekedi, certains demandent le retour de ce même Joseph Kabila qu’ils avaient rejeté.
L’AFC/M23, que beaucoup réclament à leur chevet, aura vraiment beaucoup à faire pour recouvrer la totale confiance de cette Nation divisée. Ils seront jugés plus sévèrement que tous les régimes précédents, car le peuple est éveillé et attend des actes pour vivre dignement de son travail, et non des promesses politiciennes ou de la charité des ONG dans des camps de déplacés.

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