
Dans de nombreuses familles en République démocratique du Congo, la violence éducative a longtemps été considérée comme une norme. Pourtant, derrière cette pratique, se cachent des blessures profondes que certains adultes portent encore aujourd’hui. C’est le cas de Michel, père de trois enfants à Bukavu, qui a accepté de témoigner.
Enfant, Michel a grandi dans un environnement où la discipline passait systématiquement par les coups et les humiliations. « Chaque faute se payait par une correction sévère », raconte-t-il. À l’époque, cela lui semblait normal, car c’était la seule méthode qu’il connaissait.
Mais devenu adulte, il a commencé à mesurer les conséquences psychologiques de cette éducation. Manque de confiance en soi, peur de l’autorité, difficultés à s’exprimer : autant de séquelles qui ont marqué son parcours scolaire et professionnel.
La naissance de son premier enfant a été un tournant décisif. Face aux pleurs et aux désobéissances, il a senti en lui remonter les réflexes de son enfance. Mais il a choisi de s’arrêter, conscient qu’il répétait un schéma qu’il avait lui-même souffert.
Aujourd’hui, Michel affirme avoir fait un choix radical : éduquer sans violence. Il privilégie le dialogue, l’explication et parfois la sanction éducative non physique. « Ce n’est pas facile tous les jours, mais je refuse que mes enfants grandissent dans la peur », dit-il.
Son témoignage met en lumière une réalité souvent ignorée : la violence éducative se transmet parfois inconsciemment de génération en génération, faute d’alternatives connues.
Pour lui, la Journée de la non-violence éducative est un rappel essentiel : briser le cycle de la violence commence par une décision individuelle, dans chaque foyer.
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