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À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, célébrée sous le thème « Aimez vos yeux », les professionnels de santé appellent à davantage de vigilance face aux troubles visuels. À Bukavu, des consultations tardives et le recours à l’automédication continuent d’exposer de nombreux habitants à des complications évitables.

La cataracte, le glaucome, les complications liées au diabète, certaines infections et les traumatismes figurent parmi les principales causes de baisse importante de la vision. Un dépistage régulier permet pourtant de détecter certaines maladies avant qu’elles n’entraînent des dommages irréversibles.

Pour Christophe Mumbarhi, médecin stagiaire, la population doit éviter de traiter elle-même les problèmes oculaires et consulter rapidement un professionnel.

 « La cataracte est l’une des principales causes de cécité évitable. Le glaucome peut aussi détruire progressivement le nerf de l’œil. Il y a également les problèmes liés au diabète, les traumatismes et certaines infections », explique-t-il.

L’usage intensif des téléphones constitue également un sujet de préoccupation, notamment chez les jeunes. WhatsApp, TikTok et d’autres réseaux sociaux sont parfois consultés pendant plusieurs heures, jusque tard dans la nuit. Selon le médecin, le téléphone ne provoque pas directement la cécité, mais une utilisation prolongée peut entraîner fatigue oculaire, sécheresse, rougeurs, maux de tête et vision momentanément floue, particulièrement lorsque l’écran est utilisé dans l’obscurité.

Bertin Alimwinja, étudiant, dit avoir commencé à éprouver des difficultés visuelles dès sa première année de baccalauréat. 

« Jen’arrivais plus à bien voir ce que le professeur écrivait au tableau. Je pensais que c’était seulement la fatigue à cause du téléphone. Je passe beaucoup de temps sur WhatsApp et TikTok la nuit dans le noir », témoigne-t-il.

Aujourd’hui, il doit s’asseoir au premier rang pour lire le tableau et rapprocher son cahier de ses yeux. Ces difficultés perturbent également ses activités dans le journalisme. Faute de moyens et pensant que le problème allait disparaître, il n’a pas consulté rapidement. Il affirme avoir acheté des gouttes en pharmacie sans ordonnance, sans constater d’amélioration.

Pour prévenir les complications, le médecin recommande un contrôle régulier de la vue et une consultation rapide en cas de baisse de vision ou de douleur. Il déconseille également l’automédication et insiste sur le port de lunettes de protection pour les personnes exposées aux projections ou aux poussières, notamment dans la soudure, la menuiserie et le concassage.

Pour Bertin Alimwinja, son expérience doit surtout servir d’avertissement aux autres jeunes : « N’attendez pas comme moi. Si vous sentez que votre vue baisse, allez directement vous faire consulter. On aime nos téléphones plus que nos yeux, et après on souffre. »

À Bukavu comme ailleurs, cette Journée mondiale de la vue rappelle ainsi qu’aimer ses yeux ne se limite pas à réduire le temps passé devant un écran : cela passe aussi par la prévention, la protection et surtout une consultation à temps.

La Rédaction 

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