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Les pratiquants de différents clubs de karaté traditionnel japonais (JIK) de Bukavu se sont retrouvés dimanche 27 septembre pour un entraînement collectif consacré à la préparation sportive, à la cohésion entre athlètes et à la sensibilisation sur les valeurs de cette discipline.

Treize clubs de la ville de Bukavu ont pris part à cette rencontre organisée à l’Institut d’Antenne d’Ibanda, sous l’impulsion de la ligue provinciale du JIK au Sud-Kivu. La séance a notamment permis aux athlètes de renforcer leurs techniques et de préparer les prochaines échéances sportives.

Le shihan SUM, présenté comme l’un des grands maîtres du JIK en RDC et venu du Nord-Kivu, a appelé les pratiquants à privilégier l’entraînement et les valeurs du karaté traditionnel. Il les a également exhortés à éviter les conflits entre maîtres et les comportements susceptibles de nuire à la discipline.

« Il faut aimer le style JIK, parce que c’est un karaté original qui a pour fondateur Gichin Funakoshi. Il faut aussi éviter les antivaleurs, comme trop parler sans rien faire et les conflits entre les maîtres, parce que cela constitue une perte de temps. La défense d’un karatéka se trouve dans la stratégie et dans le plein entraînement, et non dans les réseaux sociaux pour salir les autres », a-t-il déclaré.

Blaise Bakulu, ceinture noire deuxième dan et directeur provisoire du style JIK au Sud-Kivu, s’est dit satisfait de la mobilisation. Selon lui, ces entraînements collectifs doivent permettre de construire une base solide avant l’organisation d’un championnat provincial.

« Treize clubs de la ville de Bukavu ont répondu présents et c’est une réussite. Pour bien préparer la compétition et bien démarrer avec le karaté, il faudrait que cet appel soit respecté », a affirmé Blaise Bakulu. Il a ajouté que l’impatience des athlètes à voir organiser un championnat est compréhensible, mais que les pratiquants doivent d’abord maîtriser les règles et les bases du JIK.

« La sensibilisation avant la compétition est capitale. Si nous organisons les combats en décembre, nous aurons déjà de bons fruits grâce à cette préparation », a-t-il poursuivi.

De son côté, Gaudens, ceinture noire premier dan et présidente du club GOJORYU de Bukavu, s’est félicitée de cette initiative. Elle a expliqué que ces rencontres permettent aux pratiquants d’échanger sur les techniques, de corriger certaines lacunes et de renforcer l’harmonie entre les clubs.

« Cette organisation a toujours été faite malgré les difficultés. Mais, en particulier, c’était une journée de sensibilisation pour l’harmonie, l’échange de techniques en vue d’une bonne préparation du championnat et, en même temps, la correction de certaines lacunes que les athlètes avaient », a-t-elle déclaré.

Elle a également appelé les femmes à s’intéresser davantage au karaté, estimant que cette discipline est accessible à différentes catégories de la population. « Le karaté n’est pas un style de voyous comme certains le pensent. On y trouve toutes les catégories de personnes, comme dans toute autre discipline : des papas, des mamans, des jeunes filles, des jeunes garçons et surtout des intellectuels qui sont actuellement le moteur du karaté dans le monde », a-t-elle souligné.

Pour les organisateurs, le karaté peut également contribuer à l’éducation, à l’autodiscipline, à la maîtrise des émotions et à la préparation des jeunes à leur vie professionnelle. Ils estiment que le Sud-Kivu dispose encore de ressources humaines capables de relancer cette discipline, à condition de renforcer la formation, la cohésion et la régularité des entraînements.

La rencontre de Bukavu intervient ainsi comme une étape de préparation avant d’éventuelles compétitions. Les responsables du JIK au Sud-Kivu misent désormais sur la multiplication de ces entraînements collectifs pour consolider les bases techniques et organisationnelles du karaté traditionnel japonais dans la province.

Pascal Muvune

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