
Les victimes de l’incendie qui a fait 27 morts la semaine dernière à Kadutu dans la ville de Bukavu, ont besoin d’un accompagnement psychologique, estime le Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix.
La plateforme appelle à la mise en place d’une campagne de détraumatisation en faveur des familles touchées par le drame. Elle souhaite également que cette assistance prenne en compte les sinistrés sans abri et le personnel soignant exposé à la prise en charge des victimes.
Pour Hippocrate Marume, co-modérateur du Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix, un drame d’une telle ampleur peut laisser des conséquences psychologiques importantes chez les personnes directement ou indirectement touchées.
Il estime que la réponse au drame ne devrait donc pas se limiter à l’assistance matérielle ou aux besoins immédiats des familles endeuillées. Une prise en charge globale devrait également intégrer un accompagnement psychologique adapté aux différents groupes affectés.
« Nous avons observé que les familles sont très traumatisées après avoir perdu les leurs. Il y a aussi des familles qui vivent sans abri. Il y a aussi le personnel soignant que nous avons vu être affecté avec un bon nombre de corps, avec des interventions aussi. Et nous avons pensé qu’il faudrait qu’on mène une campagne de détraumatisation, de sensibilisation pour redonner encore l’image à ces familles qui ont perdu les leurs, qui ont perdu les biens et voir dans les possibilités ce qu’on peut parvenir à les aider », a déclaré Hippocrate Marume.
Le responsable de la société civile souligne ainsi la nécessité d’identifier les personnes présentant des signes de traumatisme afin de leur offrir un accompagnement approprié. Cette démarche pourrait concerner les familles ayant perdu des proches, mais aussi celles ayant perdu leurs habitations et leurs biens.
Le personnel médical ayant participé aux interventions est également cité parmi les personnes susceptibles d’avoir besoin d’un soutien psychologique. L’exposition répétée aux corps des victimes et aux scènes liées à l’incendie peut, selon la plateforme, constituer une source de traumatisme nécessitant une attention particulière.
Au-delà de l’urgence, le Collectif appelle ainsi à une réponse coordonnée associant autorités, services de santé et acteurs humanitaires et sociaux. L’objectif est d’apporter une assistance qui combine soutien psychologique, accompagnement social et aide aux familles sinistrées.
Alors que les familles continuent de faire face aux conséquences du drame, la société civile estime que la reconstruction devra aussi passer par la prise en compte des blessures psychologiques laissées par l’incendie.
