
En RDC comme ailleurs, la quête de richesse et d’épanouissement personnel oppose souvent deux voies : celle du salaire et celle de l’entrepreneuriat. Pour beaucoup de jeunes, le salaire symbolise la sécurité et la stabilité, tandis que l’entrepreneuriat incarne la liberté et l’ambition. Mais au fond, qu’est-ce qui enrichit vraiment l’homme : la sécurité d’un revenu mensuel ou la liberté de créer sa propre richesse ?
Le salariat reste la voie la plus empruntée. Il garantit un revenu régulier, des avantages sociaux et un cadre de vie prévisible. Pour des familles congolaises souvent marquées par l’incertitude économique, ce modèle représente une forme de protection. Le salaire assure la survie, mais rarement la prospérité. Le travailleur échange son temps contre de l’argent, sans toujours participer à la création de valeur durable. Dans une économie où les salaires stagnent, cette sécurité devient parfois une prison dorée.
L’entrepreneuriat, en revanche, est la voie de l’audace et de l’incertitude. L’entrepreneur prend des risques, échoue, recommence et finit souvent par construire quelque chose de plus grand que lui. Il ne dépend pas d’un supérieur hiérarchique, mais de sa vision, de sa créativité et de sa capacité à transformer les défis en opportunités. Dans un pays comme la RDC, où le secteur public s’essouffle, créer sa propre activité devient un acte de courage et de libération économique.
Cependant, il serait simpliste d’opposer brutalement les deux modèles. Le salarié peut apprendre, épargner et préparer le terrain de son futur projet. De même, l’entrepreneur peut se former dans le monde du salariat avant de voler de ses propres ailes. L’un n’exclut pas l’autre ; au contraire, ils se complètent. Le salaire offre la discipline, l’entrepreneuriat offre la vision. Ensemble, ils forment le chemin de l’épanouissement total.
Selon le professeur Jean-Paul Katenga, économiste à l’Université Officielle de Bukavu, « la véritable richesse d’un individu ne dépend pas seulement du revenu qu’il perçoit, mais de la valeur qu’il crée pour la société. » Pour lui, le salariat est nécessaire dans une économie organisée, mais l’entrepreneuriat reste la seule voie pour briser la dépendance économique. Il appelle les jeunes à « cesser de rêver de postes publics » et à investir dans l’innovation locale, même à petite échelle.
De son côté, la coach en entrepreneuriat Grâce Munganga estime que les jeunes congolais doivent « apprendre à transformer leurs frustrations en projets concrets ». Selon elle, le problème n’est pas le choix entre salaire et entrepreneuriat, mais l’absence de mentalité de croissance. « Un salarié avec une vision entrepreneuriale finira toujours par créer quelque chose. Mais un entrepreneur sans discipline échouera, même avec des millions », souligne-t-elle.
Au final, le salaire nourrit l’homme, mais l’entrepreneuriat l’enrichit. Le premier garantit la survie, le second permet la liberté. Dans un Congo qui cherche encore son modèle économique, il est temps d’encourager une génération d’entrepreneurs responsables, capables de créer de la valeur, de l’emploi et de l’espoir. L’homme véritablement riche n’est pas celui qui gagne beaucoup, mais celui qui fait gagner les autres. Et c’est peut-être là que commence la vraie richesse du Congo.

À propos
Cette section met en lumière la mission et les valeurs de votre entreprise, offrant un aperçu concis de ses objectifs et de son but. Elle donne un aperçu de la vision qui guide vos décisions commerciales et votre orientation.
-

Walungu : protection insuffisante des personnes âgées face aux violences
Dans plusieurs sociétés, la personne du troisième âge bénéficie d’une protection particulière en raison de sa vulnérabilité sociale, économique et physique. Le droit national et les instruments internationaux ratifiés par de nombreux États consacrent cette attention spécifique, notamment à travers des principes relatifs à la dignité humaine, à…
-

Uvira : l’instabilité sécuritaire fragilise la cohésion sociale
À Uvira, dans le Sud-Kivu, la succession d’actes violents enregistrés à la première quinzaine de ce mois d’Avril 2026, dépasse le simple registre sécuritaire. Elle s’installe dans le quotidien comme une atmosphère persistante, modifiant les comportements sociaux, les habitudes de vie et la manière dont les habitants interagissent…
-

Edito : Repenser l’urbanisation pour préserver les écosystèmes
Dans de nombreuses villes des régions en forte croissance démographique, l’urbanisation s’est souvent imposée comme un processus rapide, parfois spontané, rarement maîtrisé. Bukavu n’échappe pas à cette dynamique où l’extension des quartiers semble avoir précédé la planification, au détriment des équilibres naturels essentiels à la stabilité du territoire.…
-

Bukavu : stop aux constructions anarchiques pour sauver l’environnement
Dans une région déjà fragilisée par les pressions humaines et climatiques, une décision radicale vient de suspendre l’élan des constructions et des transactions foncières. Derrière cette mesure administrative, se dessine une problématique plus vaste : celle de la survie des écosystèmes face à une urbanisation souvent désordonnée. Selon…
-

Météo : couverture nuageuse dense à Kalehe, Kabare, Bukavu, Mwenga
En ce mercredi 15 avril 2026, les observations météorologiques issues des données satellitaires annoncent une journée globalement instable sur l’ensemble de la province du Sud-Kivu, avec une dominance de nuages, de pluies intermittentes et des risques d’orages localisés. À Bukavu, la journée débute sous une atmosphère humide avec…
-

Lâche ce qui t’alourdit et cours jusqu’à la victoire
Texte de base : « Rejetons tout fardeau…et courons avec persévérance » (Hébreux 12 : 1) Contexte du passage Dans Hébreux 12.1, l’auteur s’adresse à des croyants qui traversaient des épreuves, des persécutions et des moments de découragement. Il leur rappelle qu’ils ne sont pas seuls : avant eux, plusieurs…
-

Kabare : plus de 3 000 sinistrés d’éboulements de terre vivent sans assistance à Mudusa
La situation humanitaire se détériore davantage pour des milliers de familles victimes d’éboulements de terre dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare en province du Sud-Kivu. Dans le village de Buhozi, plus de 3 000 personnes affectées vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires, sans abris adéquats…
-

Sud-Kivu : Le CICR renforce la résilience des déplacés et retournés
Face à la recrudescence des conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo, les populations déplacées et retournées du Sud-Kivu font preuve d’une résilience croissante, soutenue par les interventions humanitaires du Comité International de la Croix-Rouge. Depuis le début de l’escalade des violences, cette organisation multiplie les…
-

Edito : Que faut-il attendre des pourparlers en Suisse ?
La diplomatie n’évolue jamais en vase clos. Le déplacement des discussions sur l’est de la RDC de Doha vers la Suisse en est une illustration frappante : même les processus de paix les plus urgents restent vulnérables aux secousses géopolitiques internationales. Ce qui devait être un cadre discret…
-

Drame de Miti : Les failles du système d’alerte communautaire
Le drame de Miti pose avec acuité la question de la prévention des violences au sein des communautés. Aurait-il été possible d’éviter cette tragédie ? Pour de nombreux observateurs, la réponse réside dans les failles du système d’alerte communautaire. Dans plusieurs villages du territoire de Kabare, les conflits…
About The Author
En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC
Subscribe to get the latest posts sent to your email.










