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Les populations déplacées du groupement de Ziralo, dans le territoire de Kalehe, font face à d’importantes difficultés d’accès aux soins de santé depuis l’intensification des affrontements entre groupes armés dans la région. La fermeture ou la délocalisation de plusieurs structures sanitaires complique davantage la prise en charge des blessés de guerre, des femmes enceintes et des enfants malades.

Dans les différents sites de déplacement du groupement de Walowalwanda, dans la zone de santé d’Itebero, des personnes ayant fui les affrontements rapportent des difficultés à obtenir les premiers soins. Certaines ont été blessées pendant leur déplacement, tandis que d’autres souffrent de maladies infectieuses et hydriques.

Selon des acteurs sanitaires locaux, quatre centres de santé ont été délocalisés afin de continuer à offrir un minimum de services aux populations déplacées. Mais ces structures peinent à répondre aux besoins croissants, notamment en raison du manque d’intrants médicaux, de matériel et de locaux appropriés.

« Les structures sanitaires de Ziralo ont été victimes de vols et de pillages », explique Enock Judicieux, infirmier titulaire au centre de santé de Mianda. Il précise que certaines équipes médicales sont désormais contraintes de travailler dans des abris de fortune, notamment des constructions en paille.

Des évacuations médicales devenues difficiles

Le référencement des cas graves constitue l’une des principales difficultés rencontrées par les équipes soignantes. Les blessés de guerre, les femmes enceintes présentant des complications obstétricales ainsi que les enfants nécessitant des soins spécialisés doivent parcourir de longues distances pour atteindre une structure fonctionnelle.

La situation est particulièrement préoccupante depuis l’arrêt du fonctionnement de l’hôpital de référence de Kusisa, affecté par les affrontements. Les patients doivent alors être orientés vers d’autres structures, notamment à Itebero, malgré la distance et les difficultés de déplacement.

« Le référencement des blessés, des femmes enceintes et des enfants dans les cas graves est un grand défi », souligne Enock Judicieux.

Cette situation expose certains patients à des complications graves, voire au décès, notamment lorsque leur état nécessite une intervention chirurgicale ou l’intervention rapide d’un médecin spécialiste.

Les difficultés concernent également la prise en charge du paludisme compliqué, de l’anémie sévère et de certaines formes neurologiques, ainsi que des urgences obstétricales.

Le risque de choléra inquiète les soignants

A cette situation s’ajoute la menace des maladies hydriques. Des cas suspects de diarrhée et de choléra sont rapportés dans les zones accueillant les déplacés.

Les structures sanitaires manquent toutefois de moyens pour assurer correctement la prise en charge et la prévention de ces maladies. Le manque de solutés de réhydratation constitue notamment une préoccupation pour les professionnels de santé confrontés aux cas de diarrhée aiguë.

D’après les témoignages recueillis, des stocks de médicaments et de solutés, notamment du Ringer lactate, ont été emportés lors de pillages ayant touché certaines structures sanitaires.

Malgré ces difficultés, des appuis ponctuels permettent aux équipes de poursuivre certaines activités. Des antipaludiques ont notamment été reçus récemment avec l’appui d’un partenaire humanitaire, contribuant à renforcer la prise en charge des patients atteints de paludisme.

Les acteurs locaux appellent à une intervention urgente des organisations humanitaires. Les besoins portent notamment sur les médicaments et intrants médicaux essentiels, le matériel médical, les abris pour les structures de santé, les kits d’hygiène ainsi que les moyens de traitement et de sécurisation de l’eau.

Dans cette zone affectée par les affrontements, le renforcement des services de santé et des mécanismes de référencement apparaît ainsi comme une urgence pour réduire les risques de décès évitables et répondre aux besoins croissants des personnes déplacées.

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