
À Bukavu, la comparaison entre produits locaux et denrées importées ne donne pas un avantage systématique à l’un ou l’autre. Sur les marchés de Kadutu et Nyawera, les prix restent élevés, avec des variations liées à l’origine des produits, au transport, au taux de change et à l’évolution de l’offre.
Le marché de Kadutu reste l’un des principaux points d’approvisionnement de la ville. Il est largement alimenté par les productions agricoles de Kabare, Kalehe, Walungu et Idjwi. Manioc, maïs, haricots, bananes, légumes, arachides et braise y occupent une place importante. Mais l’origine locale ne signifie pas nécessairement prix bas.
Dans un précédent relevé publié par L’Essentiel RDC, la farine de manioc se vendait à environ 30.000 francs congolais les 25 kilos à Kadutu. Le sac de braise atteignait 70.000 francs, tandis que le kilogramme d’arachides se négociait entre 5.500 et 6.000 francs. Ces prix montrent que les denrées produites localement restent elles aussi soumises à la pression du coût de la vie.
À Nyawera, la présence des produits importés est plus marquée. Le marché accueille notamment du riz, de la farine de maïs, de l’huile et d’autres produits manufacturés provenant en partie des pays voisins. Dans un autre relevé publié par L’Essentiel RDC, le sac de riz était vendu autour de 21 dollars, tandis que la farine de maïs importée « Mbale » coûtait entre 22 et 23 dollars les 25 kilos.
Certains produits vendus à Nyawera affichent également des prix élevés en francs congolais. La viande atteignait 17.000 francs le kilogramme, la pomme de terre entre 1.800 et 2.000 francs le kilogramme et l’huile d’arachide environ 22.000 francs les cinq litres. Ces prix sont influencés par plusieurs facteurs, dont le transport, le change et les coûts liés à l’approvisionnement.
La comparaison des deux marchés montre donc une réalité plus complexe qu’une simple opposition entre produits locaux moins chers et produits importés plus coûteux. Les denrées locales peuvent être affectées par les difficultés de production et de transport, tandis que les produits importés restent particulièrement sensibles au taux de change et aux coûts du commerce transfrontalier.
Pour les ménages de Bukavu, le choix dépend finalement du prix au moment de l’achat. Lorsque les produits importés deviennent trop chers, les consommateurs peuvent se rabattre sur les produits locaux. Mais si la demande augmente fortement sur ces derniers, leur prix peut également progresser. À Kadutu comme à Nyawera, la question centrale reste donc la même : comment préserver le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte de hausse des prix ?
À Bukavu, produits locaux et importés ne sont pas épargnés par la vie chère. La différence se joue désormais moins sur leur origine que sur les coûts qui entourent leur production, leur transport et leur mise en vente.
Véronique Ikaso, journaliste stagiaire
