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Face à la répétition des incendies à Bukavu, des voix s’élèvent pour appeler à revoir les pratiques de construction et à renforcer les dispositifs de prévention. Des ingénieurs et habitants estiment que la protection des vies et des biens passe aussi par une meilleure application des normes et l’utilisation de solutions techniques adaptées.

Les incendies sont devenus une préoccupation récurrente dans la ville de Bukavu, où plusieurs quartiers ont été touchés ces dernières années. Cette situation relance le débat sur les moyens de prévenir les sinistres et de mieux protéger les habitants et leurs biens.

Pour plusieurs habitants, la répétition de ces drames devrait pousser à un changement des habitudes, notamment dans le domaine de la construction. Ils déplorent cependant la persistance des constructions en matériaux facilement inflammables, ainsi que l’occupation presque totale des parcelles, qui peut compliquer l’intervention en cas d’incendie.

Pour l’ingénieur en électronique Josué Mitima, la technologie pourrait contribuer à réduire les risques. Il préconise notamment l’installation de dispositifs capables de détecter rapidement un départ de feu et d’alerter les occupants.

« Disons qu’à partir des systèmes de maison intelligente, on intègre dans la protection incluant l’électronique, la détection de fumée et même la protection des incendies dans le même système, tout en appliquant la plomberie qui peut directement éteindre le feu en cas de problème », explique-t-il.

L’ingénieur insiste également sur la nécessité de revoir certaines pratiques urbanistiques. Selon lui, la multiplication des constructions en hauteur, le morcellement des parcelles et l’utilisation de planches augmentent les risques et peuvent rendre les interventions plus difficiles. Il appelle les propriétaires à solliciter des professionnels qualifiés avant et pendant les travaux de construction.

« Selon lui, la population doit vite prendre ses responsabilités et ne pas négliger les conseils que les ingénieurs bien formés proposent dans la construction, car la qualité de la maison dépendra souvent des propriétaires, mais aussi d’un bon ingénieur qualifié dans son domaine », rapporte-t-il.

Même constat du côté de Jean Claude Bisimwa Cirimwami, enseignant et habitant de Bukavu, qui estime que la prévention doit devenir une responsabilité collective. Il appelle les habitants à prendre davantage conscience des risques liés à leurs choix de construction et à la configuration actuelle de la ville.

« Pour ainsi se protéger contre les incendies et rendre la ville habitable, que chacun fasse l’examen de conscience en intégrant les valeurs humaines, car Bukavu, c’est notre ville, notre maison de chaque jour et pour la génération future », souligne-t-il.

La multiplication des incendies pose ainsi la question de la sécurité des habitations, mais aussi de l’aménagement urbain. Entre respect des normes, recours aux ingénieurs qualifiés, dispositifs de détection et sensibilisation des habitants, les acteurs interrogés estiment que la prévention doit désormais occuper une place centrale dans la protection de la population de Bukavu.

Pascal Muvune

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