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À l’avenue Muhungu, dans la commune d’Ibanda, la pénurie d’eau potable pèse lourdement sur les ménages. Certains habitants disent parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner, tandis que le bidon de 20 litres peut atteindre 500 à 1.000 francs congolais.

La pénurie d’eau continue de compliquer le quotidien de nombreux habitants de l’avenue Muhungu, secteur Telecom Premier, dans la commune d’Ibanda, à Bukavu. Face à l’absence prolongée d’eau au robinet, plusieurs ménages affirment être contraints de consacrer une partie de leurs revenus à l’achat d’eau, alors que le chômage et les difficultés économiques fragilisent déjà les familles.

Pour Yvette, habitante du quartier, la situation dure depuis plusieurs mois. Elle affirme que l’eau ne coule plus à son robinet depuis plus de quatre mois. Pour répondre aux besoins quotidiens, sa famille se tourne notamment vers l’eau du puits, vendue autour de 200 francs pour un bidon de 20 litres. Mais cette solution reste difficile d’accès en raison du nombre élevé de ménages à la recherche de cette ressource.

« Depuis plus de quatre mois, l’eau ne coule pas dans mon robinet. Nous sommes obligés de chercher de l’eau ailleurs. Même l’eau tirée sous le sol n’est pas toujours facile à trouver parce que beaucoup de personnes en ont besoin », témoigne Yvette. Lorsque l’eau de la REGIDESO est disponible dans certains points de vente, elle dit acheter un bidon à environ 500 francs, parfois au prix de longs déplacements.

Ansima, une autre habitante de Muhungu, décrit également une course quotidienne contre la pénurie.

« Nous sommes dans la souffrance. La majorité de la population se réveille parfois à 4 heures du matin pour chercher l’eau du puits. Deux bidons de 20 litres peuvent coûter 500 francs, mais il est difficile d’en trouver parce que les gens sont nombreux », explique-t-elle. Pour l’eau destinée à la consommation, elle affirme devoir parfois se déplacer vers Kadutu ou la Route d’Uvira, où elle achète un bidon à environ 500 francs.

Selon Ansima, les familles les plus démunies sont particulièrement exposées à la hausse des dépenses. En cas de pénurie prolongée, certains ménages se tournent vers l’eau conditionnée. Une bouteille d’un litre peut alors être vendue autour de 2.000 francs, tandis qu’un carton de 24 bouteilles peut atteindre 20.000 francs, selon les témoignages recueillis dans le secteur.

Dieu Merci, également habitant de Muhungu, dénonce ce qu’il considère comme une situation difficilement acceptable.

« Il n’est pas admissible que quelques familles puissent bénéficier de l’eau dans cette avenue alors que beaucoup d’autres ont des robinets dans leurs parcelles, mais sans eau », affirme-t-il. Il dit constater cette situation depuis les vacances scolaires 2025-2026 et estime que les ménages sans emploi sont les plus durement touchés par le coût de l’approvisionnement.

Dans certaines familles qui parviennent occasionnellement à obtenir de l’eau de la REGIDESO, la vente à leurs voisins est devenue une forme d’entraide. Bulangalire, qui vit dans une famille vendant de l’eau à Telecom Premier, explique que l’objectif n’est pas de réaliser des bénéfices importants.

« L’eau n’arrive pas chaque jour. Quand nous avons la chance d’en avoir, mes parents vendent trois bidons de 20 litres pour 1.000 francs afin d’aider les voisins qui n’en ont plus. Mais parfois, nous aussi, nous devons recourir à l’eau du puits, à 500 francs pour deux bidons de 20 litres », rapporte-t-elle.

Face à cette pénurie, l’eau puisée du puits apparaît ainsi comme une solution de dernier recours pour de nombreux ménages. Son coût, jugé plus abordable, permet à certaines familles de tenir malgré leurs faibles revenus.

Mais la multiplication des points de vente et des longues files d’attente montre surtout l’ampleur de la crise d’approvisionnement. Les habitants de Muhungu appellent désormais à une amélioration durable de la desserte en eau afin que l’accès à cette ressource essentielle ne devienne pas une charge financière supplémentaire pour les familles.

Pascal Muvune

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