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Après cinq ans d’intervention dans la zone de santé de Biyela, à Kinshasa, Médecins Sans Frontières (MSF) clôture ses activités de prise en charge du VIH/tuberculose et transfère les services aux autorités sanitaires. Le projet a permis d’élargir considérablement l’accès au dépistage, au traitement et au suivi des patients, tout en renforçant les capacités du système de santé local. L’organisation a aussi promu une prise en charge plus précoce au niveau des soins primaires et secondaires à travers un système de mise en réseau d’établissements de soins.

MSF clôture ses activités de prise en charge des personnes atteintes du avec le VIH à Biyela, zone de santé située dans la commune de Kimbanseke, à l’est de Kinshasa, en République démocratique du Congo. Dorénavant, la continuité des services de dépistage, de traitement et la référence seront assurés par le système sanitaire.

En cinq ans, 470 nouveaux patients ont été mis sous traitement, 25 428 consultations de suivi de patients infectés par le virus VIH et populations clés ont été réalisées. 250 000 personnes ont été sensibilisées, dont 42 139 d’entre elles dépistées. Avant 2021, environ 400 personnes avaient accès aux soins liés au VIH. En 2026, ils étaient 990 comme file active, qui sont l’ensemble des patients effectivement suivis par une structure de soins.

Ces dernières années, MSF a contribué au renforcement de la collaboration entre les structures des différents niveaux de pyramide de soins. Le niveau communautaire, les centres de santé et les hôpitaux ont coopéré dans le but d’améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge des personnes atteintes du VIH et autres infections opportunistes. « Le dépistage de ces infections est essentiel. Près de 40 % des personnes nouvellement dépistées avaient le VIH avancé à la suite d’infections opportunistes, comme la tuberculose par exemple », souligne le docteur Gisele Mucinya, Coordinatrice Médicale de MSF à Kinshasa.

MSF a également poussé pour une prise en charge plus holistique : physique, mentale, sociale, au niveau primaire, auprès des structures de santé les plus proches des populations. L’objectif est de dépister et prendre en charge précocement les personnes vivant avec le VIH et autres infections opportunistes afin d’éviter les complications. « Cette décentralisation de la prise en charge des personnes atteintes du VIH vers les structures de santé primaires a permis non seulement d’améliorer l’accès précoce aux soins, mais aussi de réduire les coûts et la pression sur les structures hospitalières », rajoute le docteur Mucinya.

MSF interroge également les priorités actuelles de certains financements, encore largement centrés sur les hôpitaux, alors que le renforcement des soins primaires reste insuffisant. « Nous rappelons depuis plusieurs années au Fonds Mondial, notamment, qu’il est nécessaire d’investir davantage dans le niveau primaire et communautaire afin de réduire le nombre de cas graves pris en charge en milieu hospitalier », explique le docteur Gisele Mucinya.

Le volet formation du personnel de santé est aussi essentiel. Ces cinq dernières années, MSF a également formé 133 professionnels de santé ainsi que 210 acteurs communautaires, pour renforcer leurs capacités d’identification et de prise en charge de façon autonome dans le but de la poursuite des activités après le retrait de l’organisation. Ils ont notamment été formés sur la conduite des tests de dépistage, initiation des traitements antirétroviraux (dits ARV), suivi des patients, prise en charge des infections opportunistes et la collecte des données pour les rapports des activités.

MSF a également soutenu la mise en place d’un guichet unique dédié à la Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME), réunissant en un même lieu les consultations prénatales, le dépistage et la prise en charge du VIH, ainsi que le suivi de la tuberculose et d’autres infections.

Bien que le nombre de femmes enceintes suivies à Biyela reste limité environ 25 par an, cette approche a permis d’obtenir d’excellents résultats. Le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant y est inférieur à 4 %, contre 17,75 % au niveau national en 2025.

Dans un contexte où les infections pédiatriques au VIH continuent d’augmenter en RDC, notamment en raison d’une couverture insuffisante des femmes enceintes sous traitement antirétroviral (59,4 % en 2025, contre 31,9 % en 2024, loin de l’objectif mondial de 95 %), ce guichet unique illustre l’importance d’assurer une prise en charge continue tout au long de la grossesse et de l’allaitement afin de réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant.

« L’objectif est de renforcer la continuité des soins et de réduire le risque de transmission mère-enfant grâce à une prise en charge précoce et intégrée », souligne le docteur Gisele Mucinya.

À Kinshasa, MSF continue à travailler en milieu hospitalier pour les cas avancés, au Centre hospitalier de Kabinda. MSF soutient aussi des centres de santé et des maternités, ainsi que les structures communautaires, notamment avec des activités de prévention.

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