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La défaite des Léopards face à la Colombie n’a pas seulement révélé les limites d’une équipe confrontée à un adversaire redoutable. Elle a surtout mis à nu un phénomène devenu inquiétant : la banalisation de prétendues prophéties transformées en pronostics de football.

À Kinshasa, un « prophète » avait annoncé avec assurance les noms des buteurs congolais avant la rencontre. Le verdict du terrain a été sans appel : la RDC a perdu et les prédictions se sont évaporées au coup de sifflet final. Comme tant d’autres avant elles.

La question mérite d’être posée sans détour : depuis quand Dieu est-il devenu consultant sportif ? Depuis quand la prophétie biblique, censée éclairer les consciences et appeler à la vérité, est-elle réduite à un concours de paris sur les résultats des matchs ?

Le problème n’est pas l’erreur humaine. Tout analyste sportif peut se tromper. Le problème est l’instrumentalisation du nom de Dieu pour donner une apparence sacrée à des affirmations qui ne reposent sur rien de vérifiable. Quand une prédiction échoue, les excuses se multiplient : mauvaise interprétation, combat spirituel, changement de dernière minute. Tout, sauf la reconnaissance d’une simple évidence : la prophétie annoncée n’était pas une prophétie.

Cette dérive prospère parce qu’elle flatte les émotions collectives. Dans un pays passionné de football et profondément croyant, certains ont compris qu’il est plus facile d’attirer les foules avec des révélations spectaculaires qu’avec un enseignement sérieux. Le sensationnel remplace la réflexion. Le buzz remplace la vérité.

Pourtant, la Bible elle-même appelle à la prudence. Un véritable messager de Dieu n’est pas jugé sur son charisme, son éloquence ou sa popularité, mais sur la véracité de ce qu’il annonce. Lorsque les faits démentent systématiquement les proclamations, le discernement devrait prendre le relais de l’enthousiasme.

Les Léopards ont perdu un match. Ce n’est ni un drame national ni un mystère spirituel. En revanche, la multiplication de prophéties fantaisistes constitue un problème bien plus sérieux. Car lorsqu’on utilise le sacré pour prédire l’imprévisible et qu’on échoue sans jamais rendre de comptes, ce n’est pas seulement la crédibilité du prédicateur qui est en jeu. C’est aussi celle de la foi qu’il prétend représenter.

Le football appartient aux joueurs. Les résultats appartiennent au terrain. Quant à la prophétie, elle mérite mieux que d’être transformée en bulletin de score.

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