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Plus de 250 enfants orphelins, rescapés des inondations meurtrières du 4 mai 2023, vivent dans des conditions alarmantes au camp de sinistrés de Cibanda Lwako, à 4 km du chef-lieu du territoire de Kalehe. Privés de nourriture, de soins et d’éducation, ils font face à la malnutrition, aux oreillons et à un profond traumatisme psychologique.

Selon l’ONG Action pour le Développement Intégral du Kivu, ADIK, au moins 10 enfants sont déjà morts de faim, de maladies hydriques, de malnutrition et d’oreillons depuis leur arrivée sur le site. Ces enfants ont perdu leurs parents lors des inondations qui ont ravagé les villages de Bushushu et Nyamukubi. Leurs maisons et champs ont été emportés par les eaux, laissant des centaines de familles sans abri ni moyens de subsistance.

Dans le camp, les enfants dorment à plusieurs fois sur des nattes. Certains développent des signes de malnutrition. L’accès à l’école est impossible faute de frais de scolarité et de matériel scolaire. L’enquête d’ADIK révèle aussi des troubles émotionnels et du stress post-traumatique liés à la perte de leurs parents.

« Dans cette maison, je dors dans une chambrette avec mes petits frères sur une petite natte. Souvent le matin, j’ai le ventre vide et des douleurs au ventre. Nos habits sont déchirés. Quand il pleut, nous avons froid et mal à la tête. La nuit, je fais de mauvais rêves : j’ai peur que les éboulements reviennent pour nous ensevelir ici », témoigne Ombeni Bahati, 10 ans.

L’ONG ADIK tente de pallier l’absence d’assistance humanitaire internationale et nationale. Ses membres organisent des visites régulières au camp et ont mis en place des jardins potagers pour limiter la faim et la malnutrition.

« Nos petits efforts d’assistance au niveau local sont insignifiants. La situation reste préoccupante et nécessite un soutien extérieur des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté afin de sauver des vies et de redonner le sourire à ces enfants vulnérables », explique Danny Magadju, coordonnateur d’ADIK.

L’organisation plaide pour une assistance urgente axée sur trois priorités : la scolarisation, la prise en charge médicale et l’alimentation régulière des enfants. Elle organise aussi chaque 25 décembre une fête de Noël pour leur apporter un moment de répit psychologique.

L’aggravation de l’insécurité dans le Sud-Kivu complique davantage la situation humanitaire de ces orphelins, déjà fragilisés par la catastrophe de 2023.

ADIK rappelle le précepte biblique de Jacques 1:27 : « La religion pure et sans tache devant Dieu, c’est de visiter les orphelins dans leur souffrance », et appelle à une mobilisation solidaire pour ces enfants oubliés de Kalehe.

La Rédaction

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