
Des cas de paludisme se multiplient ces dernières semaines dans plusieurs entités proches du site minier de Lomera, en groupement de Luhihi, territoire de Kabare au Sud-Kivu. Selon plusieurs sources locales concordantes, cette recrudescence de la maladie serait directement liée à la prolifération des moustiques favorisée par les eaux stagnantes dans les trous de lavage laissés à l’abandon sur le carré minier. Cette situation sanitaire inquiète les habitants qui se sentent de plus en plus exposés.
« Nous vivons dans une peur permanente, surtout pour nos enfants. Chaque semaine, il y a des cas de fièvre et beaucoup se rendent au centre de santé pour se faire soigner », témoigne Sanzira, habitant de Lomera, joint par téléphone. Selon lui, l’absence de mesures préventives et la négligence autour de ces gisements désaffectés aggravent la vulnérabilité des familles rurales.
Les structures sanitaires locales confirment également une hausse inhabituelle des cas signalés. Un infirmier de l’aire de santé de Luhihi précise : « Nous recevons chaque jour plusieurs patients atteints de paludisme, parfois avec des complications graves. La plupart viennent des villages voisins du site minier où les moustiques ont trouvé un terrain favorable. » Face à l’augmentation des consultations, ces centres manquent déjà de médicaments antipaludiques.
Du côté des autorités sanitaires, des sources proches de la zone de santé de Katana indiquent avoir été alertées de la situation. « Nous suivons de près l’évolution de la maladie et des dispositions sont en cours. Nous recommandons à la population d’utiliser des insecticides et de limiter l’exposition nocturne aux piqûres, en attendant la disponibilité des moustiquaires imprégnées », a confié un agent sous couvert d’anonymat.
Les habitants, de leur côté, appellent à une intervention rapide de l’État et de ses partenaires. « Nous avons besoin de pulvérisations dans nos villages et de moustiquaires pour protéger nos enfants. Si rien n’est fait, le paludisme va continuer à faire des ravages », alerte une mère de famille rencontrée au marché de Luhihi. Certains leaders communautaires demandent également la réhabilitation des zones dégradées par l’exploitation minière afin de réduire les risques sanitaires durables.
Une mission sanitaire pourrait être dépêchée prochainement sur le terrain pour évaluer l’ampleur du problème et proposer des mesures adaptées. En attendant, la population de Lomera et de ses environs reste livrée à elle-même face à une recrudescence du paludisme qui met en évidence le lien étroit entre dégradation de l’environnement et santé publique dans cette partie du Sud-Kivu.

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