0 4 minutes 1 heure

À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, célébrée le 9 août, les femmes autochtones déplacées au Sud-Kivu alertent sur la précarité de leurs conditions de vie et appellent à une assistance humanitaire mieux adaptée à leurs besoins spécifiques.

Les femmes autochtones déplacées par les conflits armés au Sud-Kivu demandent un renforcement de l’aide humanitaire et des mesures de protection dans leurs lieux de déplacement. Elles plaident notamment pour un meilleur accès aux soins de santé, aux vivres et biens non alimentaires, à la terre ainsi qu’aux activités génératrices de revenus.

La présidente de l’Union pour l’émancipation des femmes autochtones (UEFA) au Sud-Kivu, Espérance Nyota, affirme que de nombreuses femmes et familles autochtones déplacées vivent dans des conditions particulièrement difficiles, en raison de la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones de la province.

À ces difficultés s’ajoutent, selon elle, la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes certaines personnes autochtones. Ces obstacles limitent leur accès aux services essentiels et compromettent leurs possibilités d’autonomisation sociale et économique.

« Pour améliorer les conditions des femmes pygmées qui sont en déplacement, il faut continuer à les appuyer là où elles se sont déplacées. Il faut identifier les sites de déplacement, les sites de transit et les familles d’accueil afin de pouvoir les accompagner », souligne Espérance Nyota.

La responsable de l’UEFA Sud-Kivu appelle ainsi les organisations humanitaires à mieux identifier les communautés autochtones déplacées, y compris celles vivant dans des sites de transit ou au sein de familles d’accueil. Elle estime que cette identification permettrait de mieux adapter l’assistance aux réalités de chaque communauté.

Parmi les priorités figurent notamment la distribution de vivres et de biens non alimentaires, l’accès aux soins médicaux, la protection contre les violences ainsi que la création d’activités génératrices de revenus. L’organisation encourage également le développement de petites activités agricoles, notamment le maraîchage, afin de renforcer l’autonomie alimentaire et financière des familles déplacées.

Pour Espérance Nyota, la réponse humanitaire ne devrait pas se limiter à l’aide d’urgence. Elle doit également contribuer à renforcer la résilience des femmes autochtones et leur permettre de retrouver progressivement leur autonomie.

Les acteurs humanitaires sont par ailleurs appelés à tenir compte de l’accès à la terre, un enjeu particulièrement important pour les communautés autochtones. La sécurisation des zones de déplacement et la lutte contre les discriminations sont également présentées comme des conditions essentielles à leur protection et à leur intégration.

À travers ces revendications, les femmes autochtones déplacées demandent que leur situation soit davantage prise en compte dans les réponses à la crise humanitaire au Sud-Kivu. Elles souhaitent pouvoir vivre dans la dignité, préserver leur culture et renforcer leur capacité à faire face aux conséquences des conflits armés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *