
Bukavu, 24 juillet 2026 – À l’approche du lancement de la saison culturale A, de nombreux agriculteurs du Sud-Kivu disent vouloir reprendre les activités agricoles. Ils alertent toutefois sur les nombreux obstacles qui pourraient compromettre cette relance.
Dans plusieurs territoires de la province, notamment à Walungu, Kabare, Kalehe et Uvira, les producteurs affirment être prêts à retourner dans leurs champs. Mais cette volonté se heurte à un manque criant de moyens de production, selon plusieurs cultivateurs interrogés par L’ESSENTIEL RDC.
« Nous sommes disposés à cultiver, mais nous n’avons ni semences de qualité, ni outils aratoires, ni autres intrants indispensables pour préparer les champs », témoignent Isaac, Roger, Patrick et François, agriculteurs de leur état de passage à Bukavu. Selon eux, sans un appui rapide, la prochaine campagne agricole risque d’enregistrer de faibles rendements.
Les producteurs évoquent également les effets du changement climatique, caractérisés par des perturbations des saisons et une imprévisibilité des pluies, qui compliquent davantage les travaux agricoles.
Ces aléas accroissent les risques de pertes de récoltes et fragilisent les moyens de subsistance des ménages ruraux, rappellent plusieurs organisations agricoles.
À ces difficultés s’ajoute une insécurité persistante dans certaines zones rurales du Sud-Kivu. Des agriculteurs expliquent que plusieurs familles n’ont toujours pas un accès sécurisé à leurs terres en raison des affrontements armés et des mouvements de populations observés dans plusieurs territoires de la province, selon leurs témoignages.
Face à cette situation, les cultivateurs appellent les autorités provinciales, ainsi que les partenaires de développement à renforcer l’accompagnement du secteur agricole.
Ils plaident notamment pour la distribution de semences améliorées, d’outils aratoires et d’autres intrants afin de favoriser une relance durable de la production vivrière.
La campagne agricole A est considérée comme une étape déterminante pour la sécurité alimentaire de milliers de ménages du Sud-Kivu.
Les producteurs estiment qu’un soutien rapide permettrait non seulement d’améliorer les récoltes, mais aussi de renforcer la résilience des communautés affectées par la crise sécuritaire et les effets du changement climatique.
