
A quelques jours du début de la campagne de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite, les autorités sanitaires de la zone de santé de Bunyakiri alertent sur les nombreux obstacles qui empêchent plusieurs enfants, en particulier ceux issus des familles déplacées, d’accéder aux vaccins. L’insécurité persistante, les déplacements de populations et le manque de moyens logistiques compromettent l’atteinte de tous les enfants ciblés.
Selon le médecin-chef de la zone de santé de Bunyakiri, Dr. Marcus Chiraro, plusieurs aires de santé restent affectées par les conflits armés. Lors des crépitements de balles, de nombreuses familles fuient vers la forêt ou vers des zones voisines, rendant difficile leur localisation par les équipes de vaccination.
Cette situation complique particulièrement les campagnes de vaccination contre la poliomyélite, qui reposent sur une stratégie de porte-à-porte. Les vaccinateurs ne parviennent pas toujours à retrouver les enfants déplacés, ce qui réduit la couverture vaccinale.
Outre l’insécurité, la zone de santé fait face à un important déficit logistique. Le Dr Chiraro indique qu’aucune moto de la zone n’est actuellement en état de fonctionner, alors que ces engins sont indispensables pour assurer la supervision des équipes, acheminer les vaccins vers les aires de santé et atteindre les villages les plus éloignés.
Pour la prochaine campagne contre la rougeole et la rubéole, les enfants devront se rendre dans les centres de santé ou sur les sites de vaccination aménagés. Cependant, l’état des routes et les risques sécuritaires pourraient décourager certains parents de s’y rendre avec leurs enfants.
Le médecin-chef de zone appelle les partenaires humanitaires à renforcer les capacités logistiques de la zone de santé, notamment par la réparation ou la mise à disposition de motos, ainsi qu’à assurer des conditions de sécurité pendant toute la durée de la campagne. Il rappelle que les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables aux maladies évitables par la vaccination et insiste sur la nécessité de mobiliser tous les acteurs afin qu’aucun enfant ne soit privé de ce droit fondamental à la santé.
