
À trois jours de la rentrée scolaire, les établissements scolaires s’apprêtent à rouvrir les portes de leurs écoles. Mais derrière les discours officiels et les promesses de réussite, une question demeure : les conditions sont-elles réellement réunies pour accueillir les élèves dignement ?
Le calendrier, lui, ne tremble pas. Le 1er septembre approche. J-3. Dans les familles, le compte à rebours est bien réel. Cahiers à acheter, uniformes à préparer, frais à réunir : pour beaucoup de parents, chaque journée qui passe est une course contre la montre. Et pour les plus modestes, la rentrée ressemble moins à une fête qu’à une épreuve.
Car il faut avoir le courage de le dire : une rentrée scolaire ne se décrète pas uniquement depuis un bureau. Elle se prépare sur le terrain. Elle suppose des salles de classe en état, des enseignants disponibles et correctement encadrés, des effectifs maîtrisés, des infrastructures sanitaires dignes et, surtout, une école qui ne transforme pas l’éducation en parcours d’obstacles pour les familles.
Dans plusieurs milieux, les parents dénoncent déjà la multiplication des dépenses liées à la scolarité. Uniformes, fournitures, contributions diverses et autres exigences peuvent rapidement alourdir une facture que de nombreuses familles ont du mal à supporter. Le problème n’est pas de demander aux parents de participer à l’éducation de leurs enfants. Le problème commence lorsque le coût de cette éducation devient un facteur d’exclusion.
L’autre urgence est celle des enfants eux-mêmes. Dans une région marquée par les déplacements de populations, la pauvreté et les conséquences des crises sécuritaires, certains élèves ne disposent pas des mêmes chances que les autres.
Pour eux, retrouver le chemin de l’école signifie parfois recommencer une vie normale après des mois de rupture. L’école doit donc être un refuge, pas un privilège réservé à ceux qui peuvent payer.
À J-3, il ne suffit donc pas de répéter que « les cours commencent le 1er septembre ». Il faut aussi répondre à une question beaucoup plus importante : dans quelles conditions vont-ils commencer ?
Une rentrée réussie ne se mesure pas au nombre de portes ouvertes le premier jour, mais à la capacité du système éducatif à maintenir les enfants à l’école et à leur offrir un enseignement de qualité.
Les gouvernants, les responsables scolaires, les enseignants et les parents ont chacun leur part de responsabilité. Mais l’État reste le premier garant du droit à l’éducation. Il ne peut pas demander aux familles de porter seules le poids d’un système qui relève d’abord de la responsabilité publique.
J-3, donc. Trois jours pour vérifier, corriger, anticiper et rassurer. Trois jours pour que la rentrée ne soit pas seulement une date sur le calendrier, mais un véritable rendez-vous avec l’avenir.
Parce qu’un pays qui veut préparer son avenir ne peut pas traiter son école comme une simple formalité de calendrier.
