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Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été définitivement démis de ses fonctions vendredi à l’issue d’un vote des États parties réuni au siège des Nations unies à New York. Cette décision historique intervient à la suite d’allégations de harcèlement et d’inconduite sexuelle que le magistrat britannique conteste.

Les 125 États parties au Statut de Rome étaient réunis en session extraordinaire à huis clos pour statuer sur le sort de Karim Khan. Selon des sources diplomatiques citées par Reuters et l’Associated Press, 82 États ont voté en faveur de sa révocation, soit bien au-delà de la majorité requise de 63 voix. Treize États ont soutenu son maintien en fonction, tandis que quinze se sont abstenus.

Cette décision met un terme au mandat du procureur britannique, suspendu depuis 2025 à la suite d’accusations d’inconduite sexuelle formulées par une collaboratrice. Karim Khan a toujours rejeté ces allégations, dénonçant une procédure qu’il juge « illégale » et dépourvue de fondement. Ses avocats ont annoncé leur intention de contester cette révocation.

La destitution constitue une première dans l’histoire de la Cour pénale internationale. Les États parties ont estimé que les conclusions de l’enquête interne justifiaient son départ, ouvrant ainsi la voie au processus de désignation d’un nouveau procureur pour diriger le bureau chargé des enquêtes et des poursuites de la juridiction internationale.

Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la CPI. Durant son mandat, Karim Khan s’était notamment illustré par l’émission ou la demande de mandats d’arrêt visant plusieurs dirigeants internationaux, dont le président russe Vladimir Poutine ainsi que des responsables israéliens, des décisions qui avaient suscité de vives réactions sur la scène diplomatique.

À la suite de l’annonce de la révocation, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a salué le vote des États parties sur le réseau social X. Il a affirmé que Karim Khan avait tenté, selon lui, de détourner l’attention des accusations pesant contre sa personne en menant ce qu’il a qualifié de « chasse aux sorcières politique » contre Israël. Cette déclaration reflète la position d’Israël et ne constitue pas une appréciation de la CPI elle-même.

La révocation de Karim Khan ouvre désormais une nouvelle phase pour la Cour pénale internationale, qui devra désigner un successeur tout en poursuivant les enquêtes et procédures en cours. Les mandats d’arrêt déjà délivrés par la juridiction demeurent valides, leur maintien relevant des juges de la Cour et non du procureur.

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