
À Bukavu, les entraînements de la direction technique de la Japan Karate Association (JKA) du Sud-Kivu se poursuivent avec une participation régulière des entraîneurs. Une nouvelle séance s’est tenue mardi 6 octobre au dojo du club Okinawa ISP, dans le cadre des efforts visant à renforcer la collaboration technique et la formation des pratiquants.
Mardi matin, de 6h à 8h, plusieurs membres de la direction technique ont pris part à une séance d’entraînement au sein du club Okinawa ISP. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de travail collectif entre les différents responsables techniques du karaté traditionnel japonais dans la province.
Selon Sensei Emanuel Andema Byumanine, ceinture noire troisième dan, entraîneur du club Okinawa ISP et entraîneur adjoint de la direction technique JKA du Sud-Kivu, cette collaboration pourrait contribuer à donner une nouvelle impulsion au karaté provincial.
« Cela montre que le karaté prendra une nouvelle forme si mes collègues entraîneurs acceptent de se solidariser ensemble et de corriger ensemble les erreurs du passé. »
L’entraîneur estime que, durant plusieurs années, la pratique du karaté dans la province a souffert d’un manque de concertation technique entre les maîtres. Il considère les entraînements collectifs comme une occasion de rapprocher les différents clubs et d’harmoniser progressivement les méthodes de travail.
« Nous n’ignorons pas les antivaleurs de quelques sensei qui n’ont qu’un seul objectif de faire reculer la jeunesse en arrière. Mais le principal objectif de la direction technique est de surpasser les défis et d’amener le karaté à sa place. »
La présence de plusieurs responsables et entraîneurs est également présentée comme un signe encourageant. Parmi eux figurent notamment maître Placide, considéré comme une figure importante du karaté dans la province, maître Guillaume, titulaire du club Dragon Rouge de Bukavu, ainsi que Blaise, directeur technique. Pour Sensei Emanuel, cette mobilisation traduit une volonté de faire avancer la discipline au bénéfice de la jeunesse du Sud-Kivu.
« Nous ne pouvons pas non plus réussir en un seul jour, mais avec cette habitude de collaborer ensemble, la mentalité des uns et des autres sera aussi à la page et constituera l’histoire de la province. »
Au-delà de l’aspect sportif, l’entraîneur appelle également les opérateurs économiques et les entrepreneurs à investir dans le karaté et dans la jeunesse. Il estime que les ressources locales peuvent contribuer au développement de la discipline, sans attendre systématiquement un soutien extérieur.
« Pourquoi tourner nos yeux à l’étranger alors que nous sommes capables de nous financer ici chez nous, si seulement nous amenons nos consciences dans le but de soutenir la jeunesse ? Cher entrepreneur, opérateur économique, accepte de faire ce que nous pensons de l’impossible, ramène-toi et associe nos efforts pour changer l’histoire de la province. »
Pour la direction technique de la JKA du Sud-Kivu, le développement du karaté repose ainsi sur la collaboration entre entraîneurs, l’encadrement de la jeunesse et l’implication du secteur privé. Une dynamique dont les initiateurs espèrent faire progressivement une nouvelle page de l’histoire du karaté dans la province.
Pascal Muvune
