
RDC : une étude propose la création d’un Fonds national pour financer la recherche sur le patrimoine
Kinshasa, 15 juillet 2026 (AFP) – La République démocratique du Congo devrait se doter d’un Fonds national de recherche patrimoniale (FNRP) afin de garantir un financement durable de la recherche scientifique sur son patrimoine, selon une étude académique défendue mercredi au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) par Jean Paul Lumbulumbu Mutanava.
Présenté devant un jury composé d’experts nationaux et internationaux, le mémoire est intitulé « Le financement de la recherche scientifique sur le patrimoine : un investissement stratégique pour la RDC ». Son auteur y défend l’idée que la recherche patrimoniale constitue un enjeu de souveraineté scientifique et culturelle.
L’étude met en avant un paradoxe : bien que la RDC tire plus de la moitié de ses recettes publiques de l’exploitation de ses ressources naturelles, notamment le cuivre, le cobalt, le diamant et le coltan, les financements publics consacrés à la recherche sur son patrimoine restent jugés insuffisants.
Selon l’auteur, le pays ne dispose toujours pas, plus de six décennies après son indépendance, d’un inventaire général de son patrimoine naturel, culturel, historique et scientifique. Cette situation limiterait les efforts de documentation, de protection, de préservation et de valorisation de ces richesses.
Le mémoire identifie également plusieurs faiblesses structurelles, parmi lesquelles un cadre juridique considéré comme dépassé, l’absence d’une politique cohérente de recherche scientifique, un engagement politique jugé insuffisant et une forte dépendance vis-à-vis des financements extérieurs dans un secteur qualifié de stratégique.
L’étude relève en outre un manque de coordination des financements existants ainsi qu’une faible culture de protection du patrimoine, des facteurs qui, selon son auteur, freinent le développement d’une politique nationale de recherche adaptée aux besoins du pays.
Après avoir examiné les mécanismes existants, notamment le Fonds national de recherche scientifique et innovations technologiques (FNRSIT), le Fonds d’intervention pour l’environnement (FIPE), le Fonds pour les générations futures (FOMIN) et le Fonds national d’entretien routier (FONER), le mémoire estime que ces dispositifs ne répondent pas efficacement aux besoins spécifiques de la recherche patrimoniale.
Jean Paul Lumbulumbu recommande ainsi la création d’un Fonds national de recherche patrimoniale (FNRP), présenté comme un instrument dédié au financement de la recherche sur le patrimoine et compatible avec les objectifs de souveraineté scientifique et culturelle de la RDC.
Pour assurer son financement, l’étude préconise le recours à la parafiscalité. Le mécanisme consisterait à prélever une redevance sur les activités des acteurs publics et privés bénéficiant directement de l’exploitation des secteurs des mines, de l’énergie, du pétrole, du tourisme, de la culture et des arts.
Selon son auteur, les ressources issues de l’exploitation du patrimoine devraient contribuer à financer la recherche scientifique ainsi que les actions de protection, de conservation et de valorisation de ce patrimoine. Il estime qu’un tel dispositif offrirait des garanties de stabilité, de durabilité, d’inclusivité et de faisabilité.
La soutenance s’est déroulée mercredi au CHESD devant un jury composé notamment du général français Jacques Michel Renaud, du colonel Jean Letalanko Lonyango et d’Angélique Busine. Expert, avocat et ancien vice-président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Jean Paul Lumbulumbu Mutanava appelle désormais les autorités congolaises à examiner cette proposition dans le cadre des politiques publiques consacrées à la recherche scientifique et à la préservation du patrimoine national.
