Un groupe d'hommes se tient dans un champ dévasté par des troupeaux de bétail en arrière-plan, avec un panneau en bois au premier plan portant une inscription sur les dégâts agricoles.
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À Kamanyola, dans le territoire de Walungu, la présence de nombreux troupeaux venus de la plaine de la Ruzizi inquiète les agriculteurs. Des champs de maïs et de manioc ont été détruits par des bovins, faisant craindre une baisse des récoltes et une aggravation de l’insécurité alimentaire.

Depuis plusieurs mois, la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs devient difficile dans cette partie du Sud-Kivu. Des habitants rapportent une présence accrue de troupeaux dans les espaces agricoles, alors que les pâturages disponibles restent insuffisants. Des cas de destruction de cultures ont notamment été signalés à Kamanyola.

Parmi les agriculteurs touchés, Mushagalusa, affirme avoir subi d’importantes pertes.

« J’ai cultivé les maniocs et les maïs dans mon champ de quatre hectares, mais aujourd’hui je me retrouve avec moins d’un hectare alors que c’est ça la source de revenu pour ma famille et ça me facilite à avoir de quoi payer la scolarité de mes enfants et d’autres besoins capitaux de la maison », déplore-t-il.

Face à cette situation, cet agriculteur appelle les autorités à organiser la cohabitation entre les deux activités.

« Si les autorités locales pourraient nous aider à prévoir des pâturages pour les éleveurs ou leur interdire d’attendre que la moisson soit prête à la récolte pour que eux commencent à diriger les animaux dans les champs, ça pourrait aider », ajoute-t-il.

Le phénomène n’est pas nouveau. En août dernier, Bienfait, membre du comité des agriculteurs de Kamanyola, indiquait que plusieurs champs étaient occupés par des troupeaux depuis juin. Il avait annoncé la perspective de délocaliser environ 3.000 têtes de bétail afin de permettre aux agriculteurs de préparer leurs terrains pour la nouvelle saison culturale.

Les dégâts touchent notamment le manioc, une culture essentielle pour de nombreux ménages. En septembre 2025, l’agriculteur Etienne expliquait déjà que la transhumance avait contribué à la destruction de boutures conservées dans les champs.

« Nous faisons face à une carence des boutures de manioc pour cette première saison culturale. Lors de la récolte, nous conservions des boutures, malheureusement la récolte a été faible suite aux affres des guerres. Beaucoup de personnes n’ont pas récolté, fuyant leurs domiciles. A cela s’était ajouté également la transhumance des bétails qui a orchestré la destruction des boutures de manioc conservées dans les champs », avait-il déclaré.

Au-delà des pertes agricoles, les cultivateurs redoutent les conséquences économiques et sociales d’une baisse de production. Etienne Bahane évoquait notamment le risque de famine, les difficultés de scolarisation et l’accès limité aux soins de santé pour les familles dépendant de l’agriculture.

À Kamanyola, agriculteurs et éleveurs restent ainsi confrontés à un défi de cohabitation autour de l’accès aux terres et aux pâturages. La mise en place d’espaces de pâturage et d’un mécanisme local de concertation apparaît comme l’une des pistes évoquées pour réduire les dégâts et préserver les moyens de subsistance des familles.

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