
À Bukavu, la place des grands-parents dans les familles congolaises reste importante, mais elle varie selon les réalités familiales, l’éducation et l’évolution des modes de vie, estime l’analyste Byenda Ikaso.
« La réponse peut-être oui et non, ça dépend d’une famille à une autre parce que vous verrez dans certaines familles, lorsqu’il s’agit d’une famille dont rien ne manque, on fait toujours recours aux grands-parents. Quand il y a des grands-parents, rien ne peut se faire, c’est pourquoi leur valeur primordiale fait qu’on a toujours besoin d’eux », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette importance demeure notamment visible lors de certaines cérémonies traditionnelles, particulièrement les mariages.
« C’est pourquoi vous verrez par exemple dans le cas de mariage, certaines familles coutumières exigent soit une vache, soit une chèvre ou quelque chose qui concerne les grands-parents. Tout ça pour dire qu’ils ont leur place dans cette famille », a-t-il expliqué.
Mais cette place tend à s’effacer dans certaines familles, notamment en milieu urbain, sous l’effet des transformations sociales et culturelles.
« Mais je peux dire non. Car vous verrez dans certaines familles surtout en ville où il y a déjà un métissage, dû à ce qu’on peut appeler la civilisation. Vous verrez beaucoup d’enfants ne subissent pas l’éducation originale », a poursuivi Byenda Ikaso.
L’analyste estime que cette évolution peut fragiliser la transmission des valeurs entre générations.
« Ils sont des enfants gâtés, ce sont des enfants qui ramassent l’éducation dans la rue. Leurs parents n’ont pas eu la chance d’être éduqués par leurs parents et cela devient une transmission héréditaire », a-t-il dit.
« Ça devient donc une transmission intégrale, surtout si les coparents privés les encouragent », a-t-il ajouté, soulignant les conséquences possibles de cette rupture dans la chaîne éducative familiale.
Byenda Ikaso évoque également l’influence de certains comportements observés chez les jeunes.
« La deuxième chose, vous verrez nos enfants actuellement, ils ont leurs champs et dans des boissons fortement alcoolisées, et cela fait en sorte que leur conscience intellectuelle brise. Et quand la conscience ne reflète pas le sens de l’humanisme, cela fait sorte que tout soit gâché. Voilà ce qui fait que même certaines hiérarchies, nos autorités ne sont plus respectées », a-t-il affirmé.
Au terme de son analyse, Byenda Ikaso appelle donc à nuancer le débat sur la place des grands-parents dans les familles congolaises.
« Bref, on peut facilement conclure ou disons que dans le moment actuel, les grands-parents ne sont plus considérés. C’est pourquoi j’ai parlé de oui et de non. Mais en réalité, ça dépend d’une famille à une autre et d’une éducation à une autre », a-t-il souligné.
Grâce Matandiko, stagiaire
