
Une chaleur jugée inhabituelle s’installe depuis plusieurs jours à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, suscitant des inquiétudes parmi certains habitants.
Des enseignants interrogés par L’ESSENTIEL RDC, média en ligne basé à Bukavu, évoquent des changements dans leurs habitudes quotidiennes et appellent à renforcer le reboisement pour améliorer le cadre de vie.
« Oui, oui. Moi aussi, j’ai remarqué une température très élevée là. Normalement, nous, quand on commençait l’école au mois de septembre, il y avait déjà la pluie qui commençait. Mais malheureusement, pour le moment, ce n’est pas le cas. Il y a vraiment un changement très sérieux », témoigne Mme Agathe, enseignante au Complexe scolaire Brain.
Face à cette chaleur, elle explique avoir adapté son quotidien. « Pour mieux supporter cette chaleur, moi, je lave d’abord trois fois par jour. Après ça, je dois changer de tenue. Ce n’est pas la tenue que j’ai portée la journée, ce n’est pas la même pour la nuit », raconte-t-elle, avant d’appeler les habitants à planter davantage d’arbres.
« Je peux dire d’abord de planter souvent des arbres », insiste-t-elle, déplorant la disparition progressive de la couverture végétale dans la ville et ses environs.
Un autre enseignant, Adrien Akonkwa, dit également constater une hausse importante de la chaleur à Bukavu.
« Oui, oui. Il y a vraiment une hausse de la chaleur ici à Bukavu, puisque c’est la saison de pluie qui devait débuter déjà avec le mois de septembre mais on remarque que la pluie n’est pas là. C’est plutôt le soleil et vraiment la chaleur qui est extrême ici chez nous », affirme-t-il.
Il estime que cette situation complique le quotidien de certaines personnes qui évitent de rester longtemps dehors en raison notamment de maux de tête.
Cette situation pousse également plusieurs habitants à modifier leur manière de s’habiller.
« Actuellement, bon nombre de gens, et moi, ont changé leur manière de s’habiller. En septembre, normalement, les gens doivent s’habiller en manteau, doivent porter des tricots. Mais actuellement, c’est juste les t-shirts. On porte des choses qui sont vraiment légères », explique Adrien.
Il ajoute que certaines personnes évitent désormais les vêtements sombres et privilégient des tenues plus légères pour mieux supporter la chaleur.
Pour Adrien, la question environnementale doit également être placée au centre des réponses à cette situation.
« Pour la ville de Bukavu, en cadre de conseil, je vais d’abord demander aux gens de Bukavu d’avoir cette habitude-là de cultiver les arbres, parce que ce sont les arbres qui nous apportent la pluie. Et chez nous, vous avez vu avec moi que tout Bukavu n’est pas couvert par des arbres », déclare-t-il. Il cite notamment la campagne Bukavu Ville Verte, engagée dans des actions de sensibilisation et de plantation d’arbres dans la ville. Cette initiative de verdissement a notamment conduit à plusieurs opérations de reboisement en 2026.
« C’est-à-dire qu’avec le reboisement, il y a ce problème-là qui nous éloigne plutôt de la pluie que du soleil. Et c’est là, je pense que toute la population est déjà informée avec l’organisation Bukavu Ville Verte. Il y a les gens qui sont déjà impliqués de diverses manières pour voir comment on peut encore rendre Bukavu verte et encore avoir la pluie vraiment importante », poursuit Adrien, qui appelle également les habitants d’autres villes de la RDC à s’inspirer des initiatives environnementales menées à Bukavu.
La question de la chaleur et de la disparition des arbres s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur l’environnement urbain. À Bukavu, des acteurs environnementaux ont déjà proposé le reboisement des axes routiers, la plantation d’arbres dans les parcelles et d’autres solutions pour renforcer la couverture végétale de la ville.
Pour les enseignants interrogés par L’ESSENTIEL RDC, la plantation d’arbres doit désormais devenir un réflexe collectif afin de contribuer à un environnement urbain plus vivable.
Matandiko Grâce, stagiaire
