
Les cinq hôpitaux soutenus par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Nord-Kivu et au plaisir Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont enregistré un total de 303 blessés, soit une hausse d’environ 30 % des admissions par rapport à la période entre le 15 avril et le 14 mai. Alors que l’épidémie d’Ebola, présente dans ces parties du pays, exige une vigilance accrue, le CICR craint qu’elle n’occulte les besoins humanitaires encore immenses des populations affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence.
Les hôpitaux soutenus par le CICR affichent de nouveau des taux d’occupation de lits proches de la saturation. « La crise sanitaire provoquée par la maladie à virus Ebola n’a pas freiné les urgences médicales liées aux conflits. Bien au contraire, nos équipes chirurgicales sont constamment sous pression, avec des admissions continues de blessés par armes », explique Moussa Badji, coordinateur médical du CICR en RDC.
Les hôpitaux de Bukavu, Uvira et Fizi, au Sud-Kivu, ont pris en charge 170 blessés, soit 56 % des patients admis dans les structures soutenues par le CICR sur les 303, signe d’une intensification des hostilités dans la région des Hauts Plateaux.
Cette 17ème épidémie vient renforcer la vulnérabilité de populations déjà affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence, les déplacements de populations et par des difficultés d’accès aux services essentiels.
« Quand le moment de quitter l’hôpital sera venu, je me demande où est-ce que je vais aller»,
se questionne Nzigire, hospitalisée à l’Hôpital Provincial Général de Bukavu, au Sud-Kivu, gravement blessée lors des affrontements dans son village.
« Les combats se poursuivent et tous les habitants de mon village se sont déplacés ».
La maladie à virus Ebola ajoute une détresse et une angoisse qui constituent un fardeau de plus à porter pour des populations dont la résilience est à bout de souffle. « Je suis blessé et je n’ose pas penser à Ebola. Nous sommes déjà dans une grande détresse mentale. A cela s’ajoute la faim, le déplacement, le manque de sommeil… », énumère, impuissant, Pascal, hospitalisé à l’Hôpital Général de Référence de Beni, au Nord-Kivu.
Dans les Kivu, l’utilisation par les parties aux conflits d’armes explosives dans des zones peuplées continue de générer de graves conséquences humanitaires pour les populations civiles, avec des morts et des blessés, ainsi qu’une contamination des terres, dont des espaces agricoles, par des restes explosifs de guerre. Plus de 16 % des patients pris en charge dans les hôpitaux soutenus par le CICR sont victimes de blessures causées par des explosions.
La propagation du virus dans les zones affectées par les hostilités pourrait accroître les enjeux d’accès et met en évidence l’importance de garantir un espace humanitaire ouvert, sans risques pour les malades et les équipes de riposte.
« Les conflits armés associés aux épidémies constituent une combinaison potentiellement dévastatrice. Dans ce contexte critique, il est essentiel que les parties aux conflits agissent avec responsabilité afin d’assurer une coopération sanitaire et une coordination optimale ainsi que toute mesure pouvant faciliter l’action des organisations humanitaires et le passage rapide et sans encombre de l’assistance humanitaire. Cela est essentiel pour garantir que les malades et les blessés puissent recevoir des soins médicaux appropriés dans les plus brefs délais. », affirme François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC.
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