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Le soleil frappe sans relâche, la pluie se fait désirer et un épais voile de poussière envahit les rues de Bukavu. Depuis plusieurs jours, la ville suffoque sous une chaleur inhabituelle pour cette période de la saison sèche. Habitants, commerçants et professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme face à un phénomène qui pourrait encore s’intensifier dans les prochaines semaines.

À Bukavu, le ciel est d’un bleu éclatant, mais l’air est devenu lourd à respirer. Dès les premières heures de la matinée, des nuages de poussière s’élèvent au passage des véhicules et des motos sur les routes non revêtues. Les avenues se couvrent progressivement d’une fine couche brunâtre qui s’infiltre dans les maisons, les boutiques et les écoles. Selon plusieurs habitants, la ville n’a pas encore atteint le véritable pic de la saison sèche, laissant craindre des semaines encore plus difficiles.

« Nous balayons la maison plusieurs fois par jour, mais quelques minutes suffisent pour que tout redevienne poussiéreux », témoigne Chantal, habitante du quartier Cimpunda. Sur l’avenue du Plateau, le motard Patrick affirme qu’il est obligé de porter un masque pour travailler. « En fin de journée, j’ai souvent les yeux rouges et la gorge irritée. C’est devenu notre quotidien », confie-t-il.

Les commerçants subissent eux aussi les conséquences de cette situation. « Les clients hésitent à acheter les aliments exposés parce que la poussière se dépose partout », explique Espérance, vendeuse de fruits au marché de Kadutu. Dans plusieurs pharmacies de la ville, la demande en médicaments contre les allergies, la toux et les irritations respiratoires serait également en hausse. « Beaucoup de patients arrivent avec des difficultés respiratoires ou des crises allergiques aggravées par la poussière », indique un infirmier d’un centre de santé de Bukavu.

Pour les spécialistes de l’environnement, ce phénomène est renforcé par plusieurs facteurs : l’absence prolongée de pluie, les routes non asphaltées, les travaux de construction et la réduction progressive du couvert végétal. « Tant que les précipitations ne reviendront pas et que les infrastructures routières resteront dans cet état, la poussière continuera d’envahir la ville », estime un environnementaliste de Bukavu. Il recommande de planter davantage d’arbres, d’arroser les routes les plus fréquentées pendant les périodes critiques et d’accélérer les travaux de modernisation des voiries.

Les prévisions météorologiques annoncent encore plusieurs journées ensoleillées, ce qui pourrait accentuer la sécheresse de l’air avant le véritable pic de la saison sèche attendu dans les prochaines semaines. Les autorités sanitaires invitent la population à limiter son exposition à la poussière, à protéger les personnes âgées et les enfants, à boire suffisamment d’eau et, lorsque cela est possible, à porter un masque dans les zones les plus poussiéreuses.

Bukavu continue ainsi de vivre au rythme d’un soleil brûlant et d’une poussière omniprésente. Si la pluie tarde encore à revenir, la ville pourrait connaître des conditions encore plus éprouvantes. Pour de nombreux habitants, un simple nuage annonçant les premières gouttes de pluie est désormais attendu comme un véritable soulagement.

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