
La résurgence de la Ebola virus disease dans la région du Sud-Kivu provoque un choc sanitaire et économique. La fermeture partielle des frontières avec la RDC par certains pays voisins paralyse les petits commerçants transfrontaliers, déjà fragilisés par des années de crise.
Dans les zones frontalières du Sud-Kivu, l’annonce de nouveaux cas suspects d’Ebola a immédiatement entraîné un durcissement des mesures de contrôle. Plusieurs points de passage sont ralentis ou fermés, réduisant drastiquement les échanges quotidiens. Pour les petits commerçants, habitués à survivre grâce aux mouvements transfrontaliers, la situation est vécue comme un coup d’arrêt brutal à leur unique source de revenus.
« Depuis la fermeture, je ne vends plus rien. Mon stock de farine est bloqué et je n’ai plus d’argent pour nourrir mes enfants », témoigne Marie, vendeuse à la petite frontière de Ruzizi. À quelques mètres, un transporteur en moto confie : « Avant, je faisais dix à quinze traversées par jour. Aujourd’hui, je rentre à vide, c’est la misère totale ».
Sur le plan sanitaire, les autorités justifient ces restrictions par la nécessité de limiter la propagation du virus et de renforcer la surveillance aux frontières. Mais sur le terrain, les mesures créent une rupture brutale des chaînes d’approvisionnement. Les produits agricoles, denrées alimentaires et marchandises de première nécessité deviennent difficiles à écouler, accentuant la précarité des ménages.
« On comprend la peur d’Ebola, mais on nous laisse mourir de faim », lance Jean-Claude, commerçant de poissons. Une autre vendeuse, Aline, ajoute : « Même les clients ont disparu. Tout le monde a peur de traverser ». Un agent de transport frontalier complète : « Les contrôles sont nécessaires, mais il faut aussi penser à ceux qui vivent du commerce quotidien ».
Dans ce climat de tension, les acteurs économiques appellent à un équilibre entre sécurité sanitaire et maintien des activités vitales. Sans mesures d’accompagnement, les petits commerçants risquent de basculer dans une pauvreté encore plus profonde. « Si la frontière reste fermée longtemps, nous allons disparaître économiquement », alerte enfin un groupement de commerçants, résumant l’angoisse générale d’une population prise entre la peur du virus et la lutte pour survivre.
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