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Une scène choquante, captée en vidéo puis largement relayée sur les réseaux sociaux, relance le débat sur les dérives de certains milieux religieux à Kinshasa. On y voit un prédicateur exposer sans retenue l’état de santé supposé d’un fidèle, évoquant publiquement une infection au VIH devant une assemblée nombreuse. Une mise en scène brutale, qui transforme un sujet intime et sensible en objet de spectacle.

L’homme ne s’arrête pas là. Dans un discours empreint d’approximations et de peur, il affirme que toute personne ayant eu des relations avec ce fidèle serait automatiquement contaminée. Une déclaration non seulement erronée, mais dangereuse, qui alimente la stigmatisation autour du VIH et propage des contre-vérités médicales. Sous la pression, le fidèle, calme mais visiblement pris au piège, est sommé de demander pardon à la communauté, comme s’il portait une faute morale.

Le moment culmine lorsque le pasteur lui ordonne de s’agenouiller pour une prière censée le “guérir”. Cette promesse de guérison miraculeuse, présentée comme une solution, révèle une instrumentalisation inquiétante de la foi. Derrière ces pratiques, se dessine une logique de domination psychologique, où la peur et la honte deviennent des outils d’influence.

Face à une telle dérive, une interrogation persiste : où sont les mécanismes de régulation ? Le silence des instances chargées de surveiller les contenus diffusés et les messages publics interroge. Car au-delà du cas isolé, c’est toute une problématique qui se pose : celle de la protection des citoyens contre la manipulation, la désinformation et les atteintes à la dignité humaine.

La foi ne devrait jamais servir de levier pour humilier, tromper ou contrôler. Lorsqu’elle devient un théâtre de pressions et de promesses illusoires, elle cesse d’éclairer pour mieux égarer. Il est temps que les responsabilités soient assumées, afin que ces excès ne deviennent pas la norme.

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