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Alors que le Franc congolais menace de perdre de sa valeur, la population continue de suffoquer sous le poids d’un pouvoir d’achat en chute libre. Mais à Kinshasa, visiblement, l’urgence n’est pas là. Le président Félix Tshisekedi a récemment appelé à « rationaliser les dépenses publiques », lors de la 74ᵉ réunion du Conseil des ministres, comme si le peuple attendait des leçons sur la prudence budgétaire au lieu de solutions concrètes à ses souffrances quotidiennes.

Car derrière ces mots convenus se cache une vérité plus crue : la rationalisation évoquée par le gouvernement semble surtout concerner ce qui reste à gérer dans leurs comptes personnels. Pendant que les Congolais jonglent avec des prix qui flambent et un Franc congolais qui s’affaiblit, les élites se permettent des folies dépensières, au mépris de la survie de millions de familles. Des voitures de luxe, des voyages somptuaires, et des primes à n’en plus finir trônent au sommet de la pyramide budgétaire, pendant que les marchés et les hôpitaux croulent sous le manque de moyens.

Les perspectives macroéconomiques de la RDC, officiellement présentées comme un signal d’alerte, ressemblent davantage à un avertissement adressé aux Congolais : « Tenez bon, mais ne comptez pas sur nous pour alléger vos souffrances ». Le risque de dépréciation du Franc congolais n’est donc pas une surprise ; il est l’aboutissement logique d’une politique qui préfère protéger l’image d’un budget équilibré à l’écran, plutôt que d’améliorer la vie réelle des citoyens.

En somme, Kinshasa continue de jongler avec des chiffres et des recommandations théoriques, pendant que la monnaie nationale vacille et que la population s’appauvrit. La seule « rationalisation » tangible semble être celle de leurs poches bien garnies. Jusqu’à quand les Congolais devront-ils payer le prix d’une gestion où le luxe des élites vaut plus que leur pain quotidien ?

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