0 6 minutes 2 heures

À Bukavu, des responsables scolaires identifient plusieurs obstacles à l’amélioration de la qualité de l’enseignement au Sud-Kivu. Ils citent notamment la qualité du recrutement des enseignants, l’adaptation des programmes scolaires, l’environnement d’apprentissage ainsi que le suivi parental.

Pour Muvula Bahaya Léon, chef d’établissement du CS Le Progrès de Bukavu, la qualité de l’enseignement reste confrontée à plusieurs difficultés. « il y a beaucoup des défis », a-t-il affirmé, en plaçant notamment la question du recrutement des enseignants parmi les priorités.

« Le premier défi c’est de la part de recrutement des enseignants. Les écoles doivent veuillez aux recrutements sérieux des enseignants, à la qualification des enseignants par domaine pour que ces enseignants fassent les meilleurs d’eux mêmes », a-t-il déclaré. Il plaide pour une sélection fondée sur les compétences et la méritocratie.

Sur les programmes scolaires, Muvula Bahaya Léon estime qu’une réforme est nécessaire.

« Deuxièmement c’est par le programme national qui doit être révisé par rapport aux nouvelles approches méthodologiques que nous sommes en train d’utiliser actuellement en pédagogie », a-t-il expliqué.

Selon lui, certaines matières du programme ne correspondent plus suffisamment aux méthodes pédagogiques actuellement utilisées.

« Pour le recrutement, il faut une sélection. Donc, après que le candidat dépose son dossier il doit passer à un test musclé pour avoir un enseignant qualifié et là c’est la méritocratie. Un test sérieux pour sélectionner un enseignant », a-t-il insisté.

Il appelle également les parents à jouer pleinement leur rôle dans l’éducation de leurs enfants.

« Les parents nécessairement,ils ont un rôle à jouer parce que ils sont aussi acteurs de l’éducation. À part les enseignants, élèves, les parents aussi interviennent. C’est à dire, nous recommanderions aux parents de faire un suivi de prêt régulier pour leurs enfants aussi intervenir dans l’éducation de l’enfant du point de vu discipline. Mais ce que je proposerai seulement c’est le suivi régulier des parents », a-t-il conclu.

De son côté, Tshimande Mulashi Gaspard, préfet de l’Arche de l’Unité, ex-École Belge, estime que les difficultés dépassent le seul cadre du Sud-Kivu. « l’improvisation », constitue, selon lui, l’une des causes majeures des problèmes du système éducatif. Il cite notamment l’introduction de nouveaux programmes sans phase suffisante d’expérimentation.

« En principe quand il y a un programme il faut qui y est aussi les écoles pilotes pour attester réellement si ça va marché ou non. Mais ici chez nous, on introduit des nouveaux programmes et on généralise sans tenir compte de ce que adviendra par la suite », a-t-il déclaré. Il évoque notamment l’introduction du système LMD dans les universités congolaises.

Le responsable scolaire insiste enfin sur l’importance de l’environnement dans lequel évoluent les apprenants.

« Alors , il y’a la guerre, des traumatismes, l’économie, la pauvreté qui ne permettent pas et aux enseignants, parents, élèves de suivre le cours comme il faut et ça un impact négatif sur l’éducation des apprenants, il y a pas de modèle à suivre car certains disent que Batanga bazanga mbongo, bahoyo batangaka te baza na mbongo, donc il y’a désintéressement dans ce sens vu l’environnement joue aussi un grand rôle », a-t-il insisté.

Tshimande Mulashi Gaspard appelle ainsi à mieux préparer les réformes éducatives et à tenir compte des réalités locales.

« Pour les législateurs congolais, quand vous introduisez un tel programme il faut vous dire que ça demande le moyen », a-t-il souligné, citant les différences de conditions d’étude entre un étudiant de Shabunda et celui de Bukavu.

« En principe l’LMD c’est l’étudiant qui est au vente de sa formation. Mais on remarque que rien ne change et le moyens n’étais pas réuni pour q’uin puisse introduire ce programme. Il faillait d’abord qui y est des écoles pilotes », a-t-il conclu.

Au-delà des réformes annoncées ou envisagées, les deux responsables mettent donc l’accent sur une combinaison de facteurs : enseignants qualifiés, programmes adaptés, moyens suffisants, implication des parents et environnement favorable à l’apprentissage. Des conditions qui, selon eux, restent essentielles pour améliorer durablement la qualité de l’enseignement au Sud-Kivu.

Grâce Matandiko, journaliste stagiaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *