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Vingt-deux ans après le massacre de Gatumba au Burundi, la communauté Banyamulenge du Sud-Kivu s’est recueillie ce jeudi 13 août 2026 pour honorer la mémoire des centaines de victimes. Occasion de deuil, mais aussi d’appel : les participants exigent que justice soit rendue et que l’impunité cesse.

Le 13 août 2004, plus d’une centaine de réfugiés Banyamulenge, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été tués au camp de transit de Gatumba, au Burundi. Selon les survivants, ils étaient sous la protection des Nations Unies.

Réunis à Bukavu, les membres de la communauté et des acteurs de la société civile ont déposé des gerbes et observé une minute de silence. Pour eux, commémorer c’est d’abord préserver la mémoire, ensuite établir les responsabilités et enfin lutter contre l’impunité.

« Cette journée nous rappelle la douleur, mais aussi notre devoir de mémoire. Tant que justice ne sera pas faite, la plaie restera ouverte », a déclaré Vincent Runezerwa, vice-président de la mutualité Shikama de la communauté Banyamulenge à Bukavu.

Il déplore que 22 ans après des membres de notre communauté continuent de faire face à la stigmatisation et à la discrimination.

Prenant la parole, Vincent Runezerwa, vice-président de la Mutualité Banyamulenge de Bukavu, a interpellé les autorités congolaises, burundaises et la communauté internationale.

« Notre message s’adresse à la communauté internationale. Les personnes massacrées à Gatumba étaient sous la protection des Nations Unies. Ce crime de génocide relève de la compétence de la CPI. La RDC, en tant que pays, doit défendre ses citoyens. Nous exigeons que les coupables soient traduits en justice », a-t-il martelé.

Pour lui, tolérer la discrimination revient à entretenir la division et la méfiance.

« Les Banyamulenge, comme toutes les autres communautés, ont droit à la sécurité, à la dignité et à l’égalité », a-t-il ajouté.

Des survivants du massacre ont témoigné. Ils ont évoqué les traumatismes encore vivaces et appelés à tirer les leçons de cette tragédie.

« Les violences entre communautés n’approfondissent que les blessures. Nous voulons la paix, le respect mutuel et le rejet de toute division basée sur l’ethnie », a lancé l’un d’eux.

En marge de la commémoration, des acteurs de la société civile du Sud-Kivu ont condamné la persistance des discours de haine ciblant la communauté Banyamulenge.

Ils ont appelé les autorités congolaises, burundaises et la communauté internationale à « faire toute la lumière sur le massacre de Gatumba et à poursuivre les responsables, conformément à la justice ».

La rencontre s’est achevée sur un plaidoyer commun : renforcer la cohésion sociale, promouvoir.

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