
Les motocyclistes de Kamituga, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, ont observé mardi 22 septembre leur deuxième journée consécutive sans activité. Ils dénoncent la multiplication des barrières de contrôle et les montants exigés à certains points de passage, une situation qui perturbe fortement les déplacements dans cette ville où la moto constitue l’un des principaux moyens de transport.
Depuis lundi, les taxis-motos et plusieurs autres engins roulants sont peu visibles sur les principales artères de Kamituga. La Synergie des motocyclistes de Kamituga et du territoire de Mwenga affirme que ce mouvement vise notamment à protester contre le bouclage routier mené par la Direction provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER).
Les conducteurs dénoncent également les montants qu’ils disent être contraints de payer à différents points de contrôle. Selon des témoignages rapportés par plusieurs médias locaux, certains paiements atteindraient 10.000 à 20.000 francs congolais. Les motocyclistes évoquent aussi le risque d’amendes pouvant aller jusqu’à 100 dollars américains en cas de refus de payer. Ces affirmations restent celles des transporteurs et n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’une réponse documentée de la DPMER.
Les motocyclistes reconnaissent toutefois être soumis à différentes obligations administratives, notamment la plaque d’immatriculation, la vignette, l’assurance et le permis de conduire. Ils estiment cependant que la multiplication des contrôles et des paiements supplémentaires alourdit davantage les charges qui pèsent sur leur activité, dans un contexte marqué par les difficultés économiques et le mauvais état des routes.
Cette deuxième journée sans transport affecte directement les habitants de Kamituga et des environs. Des piétons sont nombreux dans les rues tandis que plusieurs déplacements sont perturbés. Le mouvement s’inscrit dans une contestation plus large autour des modalités de perception des recettes et des conditions de circulation dans le territoire de Mwenga. Des sources locales rapportent également des tensions et des interpellations lors de la première journée de mobilisation, lundi.
Face à cette situation, la société civile de la chefferie de Wamuzimu appelle les autorités et les représentants des motocyclistes à privilégier le dialogue. Selon son coordonnateur, Bienfait Fazili, une concertation entre les différentes parties devrait permettre d’identifier les difficultés, de clarifier les modalités de contrôle et de rechercher une solution durable à la crise qui affecte le transport à Kamituga.
En attendant une éventuelle concertation, l’arrêt des motos continue de peser sur la mobilité quotidienne à Kamituga. Dans une ville où le transport à deux roues joue un rôle central, la recherche d’un compromis entre recouvrement des recettes publiques, respect des obligations administratives et protection des activités des transporteurs apparaît désormais comme un enjeu immédiat.
