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En RDC, le dialogue est devenu une vieille tradition. Quand la crise s’aggrave, on annonce un dialogue. Quand la tension monte, on annonce un dialogue. Quand les solutions tardent, on annonce… un autre dialogue. À force de répéter la même recette, les Congolais finissent par connaître le menu avant même d’entrer dans la salle.

Cette nouvelle initiative arrive dans un pays où l’insécurité continue de faire des victimes, où la méfiance politique atteint des sommets et où la population attend des actes bien plus que des discours. Dès lors, une question s’impose : s’agit-il d’un véritable rendez-vous avec l’histoire ou d’une nouvelle mise en scène politique soigneusement emballée dans le mot « dialogue » ?

L’inclusivité, elle aussi, soulève des interrogations. Un dialogue où tout le monde n’a pas sa place, où certains participants sont choisis pendant que d’autres restent à la porte, ressemble moins à une rencontre nationale qu’à une photo de famille prise après avoir décidé qui mérite d’apparaître sur l’image.

Et puis il y a la mémoire. Les Congolais n’ont pas la mémoire courte. Ils ont vu défiler des dialogues, des concertations, des consultations, des conclaves et des accords aux noms parfois plus longs que leurs résultats. Les promesses ont été nombreuses. Les applications, beaucoup moins. Les résolutions semblent avoir développé une étrange capacité à disparaître dès que les projecteurs s’éteignent.

Le calendrier nourrit également le doute. Pourquoi ce dialogue aujourd’hui et pas hier ? Pourquoi attendre que la crise atteigne un tel niveau pour découvrir les vertus de la concertation ? Ces questions méritent des réponses, pas des slogans.

Enfin, il manque l’essentiel : les garanties. Qui garantira l’indépendance du processus ? Qui s’assurera que les conclusions ne finiront pas, une fois de plus, dans les archives des promesses oubliées ? Car en RDC, les dialogues ne manquent pas. Ce qui manque, c’est le courage politique de transformer les paroles en décisions et les décisions en réalités.

Au fond, ce n’est pas le dialogue qui suscite le doute. C’est l’habitude de voir les mêmes promesses revenir, avec les mêmes discours, pour produire les mêmes déceptions. Les Congolais ne demandent plus un dialogue de plus. Ils attendent enfin un dialogue qui serve à quelque chose.

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