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REPORTAGE — À Bukavu comme dans plusieurs coins du Sud-Kivu, le dimanche reste un moment particulier. Entre prière, repas en famille, rencontres entre voisins et petits instants de détente, les habitants cherchent à préserver des espaces de joie malgré un quotidien souvent marqué par les inquiétudes.

Dès les premières heures du matin, les rues de Bukavu changent de visage. Après une semaine rythmée par les activités, les déplacements et les préoccupations quotidiennes, la ville semble ralentir. Les habits du dimanche apparaissent, les églises se remplissent et les familles se préparent à partager quelques heures ensemble.

Dans le quartier Ndendere, au centre-ville de Bukavu, Aline Bahati, mère de quatre enfants, prépare tranquillement le repas familial.

« Le dimanche, ce n’est pas seulement un jour sans travail. C’est un jour où nous essayons de retrouver la paix dans la maison. Même si la vie est difficile, nous faisons un effort pour manger ensemble et parler avec les enfants », raconte-t-elle avec un sourire.

Sur la table familiale, les plats simples deviennent des symboles de rassemblement. Haricots, légumes, poisson du lac Kivu ou encore fufu rappellent les traditions culinaires qui traversent les générations.

Pour Jean-Claude Mulume, un jeune père rencontré à Kadutu, le dimanche est aussi une occasion de transmettre des valeurs aux enfants.

« Pendant la semaine, chacun est occupé. Les parents travaillent, les enfants vont à l’école. Le dimanche permet de se retrouver, de discuter et de rappeler aux enfants l’importance de la famille », explique-t-il.

Le lac Kivu, un refuge pour quelques heures

Sur les rives du lac Kivu, certains habitants viennent chercher un peu de calme. Des jeunes observent l’eau, des familles prennent des photos et quelques visiteurs profitent de la beauté du paysage.

Grâce Mugenzi, étudiante, affirme que ces petits moments comptent beaucoup.

« Nous avons besoin aussi de respirer. La vie nous impose beaucoup de défis, mais il faut garder des moments de joie. Regarder le lac, discuter avec des amis, cela donne du courage pour continuer », dit-elle.

Ceux qui travaillent même le dimanche

Mais pour certains habitants, le repos dominical reste un luxe. Dans les marchés et certains axes animés de la ville, des vendeurs poursuivent leurs activités.

Au marché de Nyawera, Patrick Safari, vendeur de fruits, explique son choix.

« Je travaille le dimanche parce que ma famille dépend aussi de ce petit commerce. Mais j’essaie toujours de garder un moment pour prier et voir mes proches », témoigne-t-il.

Comme lui, des chauffeurs, restaurateurs, agents de sécurité et petits commerçants restent mobilisés pour faire fonctionner la ville.

Les enfants, les grands ambassadeurs de la joie

Dans plusieurs quartiers, le dimanche appartient surtout aux enfants. Ballons improvisés, jeux dans les rues et courses entre amis remplissent certains espaces.

Pour Espoir Katembo, 12 ans, le dimanche a une seule définition : « jouer ».

« Toute la semaine, nous allons à l’école. Le dimanche, nous retrouvons nos amis pour jouer au football », lance-t-il avec enthousiasme.

Ces scènes simples rappellent une réalité : malgré les difficultés, les habitants du Sud-Kivu continuent de créer des moments de bonheur.

Une pause nécessaire dans une région éprouvée

Le dimanche n’efface pas les problèmes. Les défis sécuritaires, économiques et sociaux restent présents dans la vie quotidienne des familles. Mais cette journée offre une parenthèse où les habitants cultivent la solidarité, la foi et le lien social.

À Bukavu et ailleurs au Sud-Kivu, les petits bonheurs ne font pas disparaître les difficultés. Ils permettent simplement de tenir debout.

Une preuve que, même dans les périodes difficiles, la vie continue de chercher ses raisons de sourire.

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