
À Bukavu, des acteurs du secteur de la santé et de l’environnement soulignent l’importance de l’inclusion des personnes vivant avec handicap, particulièrement pendant les périodes de crise. Ils estiment que leur participation à la vie économique et sociale peut renforcer la résilience des communautés.
Les personnes vivant avec handicap ont, comme les autres citoyens, des capacités et des aspirations qui peuvent contribuer au développement de la société. Pourtant, elles restent confrontées à des difficultés d’intégration, notamment dans plusieurs domaines de la vie sociale et professionnelle.
Selon Pascal Iragi Munega, médecin au Centre Heri kwetu et expert en santé publique, plusieurs formes de handicap doivent être prises en compte. Il cite notamment le handicap moteur, qui affecte la mobilité et les déplacements, le handicap sensoriel, lié à une déficience d’un ou plusieurs sens, ainsi que les handicaps psychique et mental.
« La personne vivant avec toute cette catégorie de handicap mérite trop de respect du fait que son apport, c’est un sacrifice que n’importe qui n’est pas en mesure », explique Pascal Iragi Munega.
Pour lui, ces personnes ne devraient plus être considérées uniquement comme une charge pour leurs familles, notamment grâce aux possibilités d’insertion dans différents secteurs.
L’expert insiste également sur l’importance de la formation et de l’accompagnement. Il estime que les initiatives portées par les entreprises et les leaders communautaires peuvent permettre aux personnes vivant avec handicap de développer leurs compétences et de participer davantage à l’activité économique, y compris en période de crise.
Pascal Iragi Munega appelle aussi les médias et les responsables communautaires à renforcer la sensibilisation. Selon lui, l’absence d’encadrement peut accentuer l’exclusion de certaines personnes vivant avec handicap, qui finissent par penser qu’elles n’ont rien à apporter à la société.
De son côté, Pacifique Ntale, inspecteur à la Division provinciale de l’Environnement du Sud-Kivu, considère également les personnes vivant avec handicap comme des membres à part entière de la société. Il souligne que les formations et les activités génératrices de revenus permettent à certains de renforcer leur autonomie et de réduire leur dépendance vis-à-vis de leurs proches.
« De bons conseils viennent d’eux car avec l’expérience d’intégration dans plusieurs domaines, cela les rend plus performants et plus compétitifs, aidant alors à sensibiliser le monde à bien se comporter et à bien recevoir la vie telle quelle », affirme Pacifique Ntale.
Dans un contexte de crises économiques et sociales, les intervenants estiment ainsi que l’inclusion des personnes vivant avec handicap doit rester une responsabilité collective. Formation, accompagnement, accès aux opportunités et sensibilisation sont présentés comme des leviers permettant de mieux valoriser leur contribution à la communauté.
Pascal Muvune
