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Après l’inhumation de 27 élèves victimes de l’incendie de Cimpunda, lundi à Bukavu, l’émotion laisse progressivement place aux interrogations sur la sécurité des établissements scolaires et la prévention de nouveaux drames.

La ville de Bukavu tente de reprendre son rythme après une journée de deuil marquée par l’inhumation de 27 élèves morts dans l’incendie qui a ravagé, jeudi 10 septembre, deux établissements scolaires du quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu. La cérémonie d’hommage, organisée lundi, a plongé familles, enseignants et habitants dans une profonde émotion.

Le drame relance désormais une question essentielle : les écoles de Bukavu disposent-elles de conditions suffisantes pour permettre aux élèves d’évacuer rapidement un bâtiment en cas d’incendie ?

Le sinistre avait provoqué un mouvement de panique parmi les élèves, alors que les flammes se propageaient dans une zone densément habitée. Des témoignages rapportés par l’Associated Press font état de difficultés rencontrées par les enfants au moment de fuir.

« Nous avons encore du mal à accepter que nos enfants soient partis à l’école et ne soient jamais revenus. Aujourd’hui, notre première demande est que pareille tragédie ne se reproduise plus, » témoigne un parent sous anonymat. Pour de nombreuses familles, la sécurité ne devrait plus être considérée comme une question secondaire dans le fonctionnement quotidien des établissements scolaires.

Un autre parent estime que le drame doit surtout servir d’avertissement.

« Nous envoyons nos enfants à l’école pour apprendre et construire leur avenir. Nous voulons être rassurés sur les conditions dans lesquelles ils étudient, notamment les sorties de secours et les moyens disponibles en cas d’incendie, » affirme-t-il sous couvert d’anonymat.

Dans les établissements scolaires, l’émotion reste également présente.

« Un incendie peut se déclarer en quelques minutes. Il faut que chaque école sache exactement quoi faire, où sortir et comment mettre les enfants à l’abri, » explique un enseignant sous anonymat.

Un autre éducateur appelle à intégrer davantage les exercices d’évacuation dans la vie scolaire : « Les élèves doivent apprendre les gestes qui sauvent, comme ils apprennent les autres matières. »

Les interrogations portent aussi sur l’environnement immédiat des écoles. Le quartier touché par le sinistre est densément peuplé, avec de nombreuses constructions en matériaux facilement inflammables. Les autorités locales ont évoqué, après le drame, la nécessité de tirer des leçons de cette catastrophe et d’améliorer notamment l’accès des véhicules anti-incendie à certains quartiers.

Pour un dernier parent interrogé sous anonymat, l’objectif doit désormais être d’agir sans attendre une nouvelle catastrophe : « Nous ne voulons pas seulement pleurer nos enfants. Nous voulons que leur mort serve à renforcer la sécurité dans toutes les écoles de Bukavu. »

Après les obsèques, la priorité est donc désormais de transformer l’émotion en mesures concrètes : évaluation des bâtiments scolaires, identification des issues de secours, exercices d’évacuation, sensibilisation des élèves et amélioration des mécanismes d’intervention. Pour les familles endeuillées, le meilleur hommage aux 27 enfants disparus serait peut-être de faire en sorte qu’aucun autre élève ne perde la vie faute de pouvoir sortir à temps d’une école en flammes.

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