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À l’occasion de la Journée Nationale de la Presse en République Démocratique du Congo, les professionnels des médias de Bukavu se sont réunis ce samedi autour d’une question centrale : quel avenir pour le journalisme à l’ère du numérique ?

Organisée par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section Sud-Kivu, à Bagira, la journée a été marquée par des échanges, des panels et des moments de convivialité.

Le thème retenu cette année par l’UNPC a suscité un vif intérêt : « Journalisme et numérique : quels défis ? »

Pour Ernest Mohero, enseignant d’université et facilitateur du panel, il était urgent d’y réfléchir.

« Au niveau mondial, les médias tentent de s’arrimer au numérique. Il était donc important qu’en cette journée nationale de la presse, nous puissions aussi réfléchir avec les professionnels des médias de Bukavu sur comment s’arrimer, quels sont les défis, les avantages et ce qu’il faut améliorer », a-t-il expliqué.

Parmi les pistes évoquées : la nécessité pour chaque média, même traditionnel, d’avoir un prolongement numérique ; l’intégration du fact-checking dans les rédactions ; et la vérification systématique de l’information avant publication.

Face à la course au scoop et aux dérives observées sur les réseaux sociaux, les journalistes ont aussi été appelés à la responsabilité.
Ernest Mohero a insisté sur la différence entre journaliste, créateur de contenu et influenceur :

« La spécialité du journaliste, c’est l’éthique et la déontologie qui doivent le guider. Frapper quelqu’un pour qu’il nous appelle ou publier sans vérification, c’est à décourager. Avec le numérique, il y a un code et des sanctions. Prudence, retenue, recoupement des sources : voilà ce qui doit nous distinguer. »

Pour lui, le journaliste doit se démarquer par la rigueur et la crédibilité de l’information, tout en s’adaptant à une nouvelle réalité : une communauté numérique qui attend aussi d’être servie.

Au-delà des discussions, la journée s’est clôturée dans une ambiance conviviale, autour d’un verre de retrouvailles. L’occasion pour les journalistes de renforcer les liens d’amitié et de solidarité.

Prévue officiellement chaque 22 juillet en RDC, la Journée Nationale de la Presse a donc été, à Bukavu, à la fois un moment de bilan et de projection. Un appel clair : continuer à faire du journalisme traditionnel sans tenir compte du numérique, c’est être en déphasage avec la réalité du moment.

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