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À moins d’un mois de la rentrée scolaire du 1er septembre, le calendrier avance plus vite que les préparatifs de nombreuses familles. Dans les librairies et les marchés de Bukavu, les cahiers sont déjà empilés, les uniformes suspendus et les sacs d’école exposés. Pourtant, pour un nombre croissant de parents, ces fournitures restent hors de portée.

La rentrée scolaire est traditionnellement un moment d’espoir. Elle symbolise un nouveau départ, l’ambition d’un avenir meilleur et l’investissement dans l’éducation des enfants. Mais cette année encore, cet espoir se heurte à une réalité économique de plus en plus pesante. La hausse du coût de la vie, la faiblesse des revenus et la précarité de nombreux emplois réduisent la capacité des ménages à préparer sereinement le retour en classe.

Le constat est visible sur le terrain. Beaucoup de parents ne renoncent pas à l’école, mais ils sont contraints d’étaler leurs achats, de revoir leurs priorités ou de reporter certaines dépenses. Derrière chaque cahier laissé sur une étagère se cache souvent un arbitrage douloureux entre nourrir la famille, se soigner ou investir dans l’éducation.

Cette situation dépasse le simple cadre de la rentrée scolaire. Elle interroge la capacité des familles à faire face aux chocs économiques successifs. Lorsqu’un ménage peine à acheter les fournitures de base, c’est tout l’équilibre social qui se fragilise. L’école, qui devrait être un facteur d’égalité des chances, risque alors de devenir une source supplémentaire d’inégalités.

Pourtant, l’éducation demeure l’un des investissements les plus sûrs pour l’avenir d’un pays. Chaque enfant qui franchit la porte d’une salle de classe représente une promesse de développement, de stabilité et de progrès. À l’inverse, chaque retard d’inscription ou chaque abandon scolaire affaiblit le capital humain dont la République démocratique du Congo a besoin pour construire son avenir.

À l’approche du 1er septembre, le véritable compte à rebours ne concerne donc pas seulement la date de la rentrée. Il mesure aussi le temps qu’il reste aux familles pour réunir les moyens nécessaires, aux acteurs économiques pour stabiliser les prix et aux pouvoirs publics pour créer un environnement plus favorable à l’accès à l’éducation.

Dans les prochains jours, les vitrines des librairies continueront d’attirer les regards des parents. La question demeure entière : lorsque la cloche sonnera le premier jour de classe, tous les enfants auront-ils réellement les mêmes chances de prendre place sur les bancs de l’école ?

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