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La fermeture temporaire de la frontière entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, décidée dans le cadre des mesures de prévention contre la propagation de la maladie à virus Ebola, continue d’affecter les activités économiques de milliers de petits commerçants transfrontaliers dans la province du Sud-Kivu.

A Kamanyola, dans le territoire de Walungu, les commerçants font face à de nombreuses difficultés depuis la suspension des mouvements transfrontaliers. Près de deux semaines après la fermeture de la frontière, les échanges commerciaux connaissent un net ralentissement.

De nombreux commerçants qui traversaient régulièrement la frontière pour s’approvisionner ou écouler leurs marchandises affirment subir d’importantes pertes financières. Certains expliquent que leurs stocks diminuent progressivement tandis que d’autres peinent à trouver des solutions alternatives pour renouveler leurs marchandises.

Cette situation entraîne une baisse significative des revenus et suscite de vives inquiétudes parmi les ménages dont la survie dépend essentiellement du petit commerce transfrontalier.

Les commerçants de Kamanyola appellent les autorités à suivre de près l’évolution de la situation et à envisager des mécanismes d’accompagnement en faveur des personnes les plus affectées par les restrictions sanitaires.

Pendant ce temps, dans la ville de Bukavu, plusieurs petits commerçants ont développé des stratégies de résilience pour tenter de maintenir leurs activités malgré l’impossibilité de traverser la frontière.

Madame Chantal Mbilizi, présidente de l’Association des vendeurs de poulets au Sud-Kivu (AVPO), indique que les commerçants se sont organisés autour de leurs coopératives afin de poursuivre les échanges commerciaux à distance.

Selon elle, les commerçants sont désormais contraints de passer leurs commandes auprès de leurs partenaires rwandais par téléphone ou par d’autres moyens de communication. Les négociations sur les prix se font à distance et les acheteurs ne peuvent plus vérifier eux-mêmes la qualité des marchandises avant leur expédition.

« Depuis la fermeture de nos frontières, certains fournisseurs rwandais commencent à nous envoyer des poulets de mauvaise qualité. Nous demandons à nos autorités d’autoriser au moins un ou deux représentants de notre association à traverser la frontière pour aller sélectionner les marchandises et discuter directement des prix », explique-t-elle.

Elle souligne que cette situation expose les commerçants à des pertes financières supplémentaires lorsque les produits reçus ne correspondent pas aux attentes convenues lors des commandes.

Tout en réaffirmant leur engagement à respecter les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre Ebola, les commerçants recommandent la mise en place d’un mécanisme exceptionnel permettant à un nombre limité de représentants autorisés de traverser la frontière afin de contrôler la qualité des produits avant leur expédition.

Ils appellent également les commerçants congolais et rwandais à faire preuve de confiance mutuelle, de transparence et d’honnêteté dans les transactions commerciales, rappelant que cet esprit de solidarité avait permis de maintenir les échanges pendant la pandémie de Covid-19.

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