
Les débordements récurrents des rivières Kakumbo et Kaluluma, observés lors des fortes pluies sur le tronçon Bukavu–Kavumu de la Route nationale numéro 2, traduisent une perturbation croissante des équilibres écologiques dans le territoire de Kabare. Au-delà des menaces sur les infrastructures, cette situation met en lumière la fragilisation progressive des écosystèmes riverains et des bassins versants de la région.
Aux points critiques d’AMSAR, à l’entrée de la bretelle de Kalambo, ainsi qu’à Murhesa près de la paroisse Saint Pie X, les eaux sortent désormais de leur lit naturel pour s’étendre jusqu’à la chaussée lors des pluies abondantes. Ce phénomène témoigne d’une perte de la capacité naturelle des milieux à absorber, réguler et canaliser les eaux de ruissellement.
Les experts environnementaux expliquent que cette dynamique est souvent liée à la dégradation de la couverture végétale dans les zones amont. La déforestation, l’exploitation non contrôlée des terres et l’urbanisation progressive réduisent la stabilité des sols et accélèrent l’érosion. Privés de racines et de végétation protectrice, les sols deviennent vulnérables aux glissements de terrain et aux éboulements, tandis que les rivières se chargent en sédiments et s’élargissent progressivement.
L’extension du lit des cours d’eau vers les zones habitées et les infrastructures traduit également une transformation des écosystèmes aquatiques. L’envasement, la modification des berges et la destruction des habitats riverains menacent la biodiversité locale, notamment les espèces aquatiques, les amphibiens et la microfaune qui dépendent de ces milieux pour leur reproduction et leur survie.
Par ailleurs, la disparition progressive des zones humides naturelles, qui jouaient un rôle d’éponge écologique en stockant l’excès d’eau, accentue les débordements lors des épisodes pluvieux intenses. Cette perte de services écosystémiques réduit la résilience naturelle du paysage face aux aléas climatiques.
Face à cette situation, le cadre de concertation de la société civile plaide pour une mobilisation collective en faveur de la restauration écologique des bassins versants. Son coordonnateur, Héritier Kiriza, appelle à des actions concertées, notamment la reforestation des zones dégradées, la protection des berges, la gestion durable des terres et la préservation des zones humides.
Dans un contexte de changement climatique marqué par l’intensification des pluies, la protection des écosystèmes apparaît comme une solution essentielle pour limiter l’érosion, stabiliser les sols et rétablir les fonctions naturelles de régulation de l’eau. À Kabare, l’avenir des infrastructures et des communautés reste étroitement lié à la santé des rivières et des écosystèmes qui les entourent.
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