
Le théâtre politique congolais prend des allures de farce tragique. Alors que Kinshasa affiche à la face du monde son désir affiché de dialogue national, la réalité sur le terrain trahit une logique tout autre : celle de la répression et de l’intimidation. Vendredi dernier, le professeur Pascal Isumbisho Mwapu, conseiller politique de l’opposant Augustin Matata Ponyo, a été transféré à la prison militaire de Ndolo, après quatre mois de détention jugée arbitraire par son regroupement, LGD et Alliés.
Le professeur Pascal Isumbisho Mwapu , Hydro-biologiste de l’Université de Namur en Belgique, est directeur du Laboratoire d’étude des milieux aquatiques (LEMA) du département de Biologie de l’Institut supérieur pédagogique de la Gombe (ISP-Gombe) à Kinshasa.
Arrêté le 9 septembre 2025 et retenu dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense (CNC), le professeur Isumbisho est accusé, sans preuve tangible, de complicité avec les autorités des provinces libérées par l’AFC/M23. LGD et Alliés dénoncent des accusations « infondées et politiquement motivées », un euphémisme pour désigner un harcèlement politique orchestré depuis les couloirs du pouvoir. L’instrumentalisation de la justice à des fins politiques n’est pas une nouveauté à Kinshasa, mais la simultanéité de discours sur le dialogue et de pratiques d’emprisonnement laisse perplexe.
Cette contradiction n’échappe pas à l’opinion nationale et internationale. Comment peut-on prétendre discuter avec des opposants tout en les jetant derrière les barreaux sans procédure régulière ? La communauté internationale et les organisations de défense des droits humains sont appelées à observer de près cette mascarade, qui ne fait que confirmer la peur du dialogue sincère dans les hautes sphères du pouvoir.
Par ailleurs, la recomposition de l’opposition, incarnée par la plateforme « Sauvons la République démocratique du Congo » réunissant figures politiques et acteurs de la société civile, met en lumière une crise politique et sécuritaire profonde. Tandis que Kinshasa parle de réconciliation nationale, ses actes trahissent une volonté de contrôler, intimider et neutraliser toute voix critique. Le paradoxe est criant : le pouvoir affirme vouloir le dialogue, mais pratique la répression comme outil de négociation.
Au Congo, le dialogue véritable exige courage et cohérence. Tant que Kinshasa continuera de jongler entre promesses et emprisonnements arbitraires, le mot « dialogue » restera un leurre, et la démocratie congolaise, une illusion fragile que l’on bafoue au nom du pouvoir.
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