

La région des Grands Lacs africains s’enfonce dans une nouvelle spirale humanitaire. Entre violences armées, déplacements massifs et systèmes d’accueil saturés, des milliers de familles luttent pour survivre. Une enveloppe d’urgence de 13,5 millions de dollars américains vient d’être annoncée, mais sur le terrain, la détresse dépasse largement les moyens disponibles.
Au Burundi, l’arrivée récente de près de 85 000 personnes réfugiés congolais et Burundais de retour a brutalement accentué la pression sur un dispositif humanitaire déjà fragile. Aux frontières, les centres de transit et les points d’entrée fonctionnent désormais à près du double de leur capacité. « Nous accueillons chaque jour plus de personnes que prévu, sans infrastructures suffisantes », témoigne un agent humanitaire à la frontière nord. « Les files s’allongent, et les besoins explosent. »
Face à cette situation alarmante, une nouvelle enveloppe de 13,5 millions de dollars américains a été débloquée pour une assistance humanitaire d’urgence dans la région. L’annonce a été faite le 24 décembre 2025 par Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’OCHA. « Cette allocation vise à sauver des vies dans un contexte de détérioration rapide », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que les besoins dépassent largement les ressources mobilisées.
Sur le terrain burundais, 3,5 millions de dollars seront consacrés à l’aide aux déplacés et aux réfugiés, tandis que 10 millions de dollars sont destinés à l’est de la République démocratique du Congo, épicentre de la crise. « Cette aide est vitale, mais elle reste insuffisante face à l’ampleur des déplacements », confie un responsable d’ONG locale. « Les abris manquent, la nourriture est rationnée, et les services de santé sont débordés. »
Dans les centres d’accueil, la détresse humaine est palpable. « Nous avons fui dans la précipitation, sans rien emporter », raconte Jeanne, réfugiée congolaise, tenant son enfant contre elle. « Ici, nous sommes en sécurité, mais nous manquons de tout. » À ses côtés, un Burundais de retour ajoute : « Revenir au pays dans ces conditions, c’est recommencer à zéro, sans soutien suffisant. »
Malgré l’annonce de cette aide d’urgence, les acteurs humanitaires lancent un appel pressant à la solidarité internationale. « Si les financements ne sont pas renforcés rapidement, la crise risque de s’aggraver et de devenir incontrôlable », alerte un coordinateur humanitaire régional. Dans les Grands Lacs, chaque jour qui passe sans réponse à la hauteur des besoins rapproche un peu plus des millions de civils d’une catastrophe humanitaire prolongée.
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