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Depuis trois jours, un important mouvement de population en provenance de la République démocratique du Congo est observé à la frontière burundo-congolaise. Des milliers de personnes ont traversé dans l’urgence la colline Kaburantwa, en zone Buganda, commune Bukinanyana, province de Bujumbura, fuyant de violents combats entre les FARDC, appuyées par des groupes Wazalendo, et les combattants de l’AFC-M23.

Épuisées et désorientées, les familles qui ont atteint le territoire burundais décrivent des bombardements intenses et des destructions dans plusieurs localités du Sud-Kivu. Beaucoup ont trouvé refuge dans des structures communautaires ou dans un nouveau site de transit ouvert à Kansega, mais les besoins humanitaires demeurent considérables.

Sur la transversale 6, où s’est concentrée une grande partie des arrivants, des habitants burundais affirment que la nuit précédant l’exode a été marquée par des tirs nourris et des explosions continues de l’autre côté de la frontière. Parmi les réfugiés figurent de nombreuses femmes et enfants, qui évoquent des corps laissés derrière eux et des villages entièrement vidés de leurs habitants.

Plusieurs témoignages rapportent que des obus ont touché des habitations, faisant de nombreuses victimes. Les localités de Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule et Sange sont citées parmi les zones les plus affectées.

Un nouveau site de transit, aménagé en urgence à Kansega, dans la zone Ndava, a été mis en place pour accueillir les arrivants. Toutefois, les conditions y restent rudimentaires : peu d’abris disponibles, absence de services de santé et manque d’eau potable. Les organisations humanitaires alertent déjà sur un risque élevé d’épidémies, notamment de choléra, en raison du manque d’hygiène et de l’utilisation d’eau non traitée.

Face à l’ampleur de la situation, Bujumbura, le HCR et d’autres partenaires humanitaires, travaillent à mettre en place une prise en charge rapide, notamment en matière d’hébergement, d’alimentation et de soins.

Cependant, au vu de la pression démographique soudaine et des moyens d’accueil limités, les autorités locales redoutent une aggravation rapide de la situation humanitaire sans un soutien renforcé des partenaires internationaux.

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