

Alors que la République démocratique du Congo traverse une crise humanitaire sans précédent, les promesses financières des donateurs internationaux tardent à se matérialiser. Hôpitaux débordés, écoles fermées, familles déplacées : le pays semble abandonné à son sort. Les ONG et acteurs locaux tirent la sonnette d’alarme, dénonçant une urgence humanitaire ignorée et des financements qui restent suspendus dans le vide.
Dans les rues de Goma, Bukavu ou encore Bunia, le quotidien des Congolais est devenu un combat pour la survie. Les camps de déplacés sont saturés, les vivres manquent et l’accès à l’eau potable reste un défi constant. « Nous vivons dans l’angoisse permanente. Les enfants tombent malades faute de soins, et nous n’avons rien pour les soigner », confie Élisabeth, mère de trois enfants dans un camp à Bukavu. Son témoignage reflète une réalité que les chiffres ne traduisent que partiellement : selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 15 millions de personnes nécessitent une assistance urgente en RDC.
Les promesses de financement des bailleurs internationaux, qui avaient suscité un espoir il y a quelques mois, semblent aujourd’hui suspendues dans le temps. « Nous avons reçu des assurances de la part de plusieurs partenaires étrangers, mais les fonds ne sont jamais arrivés. Chaque retard coûte des vies », déplore Jean-Marc Mbaya, coordinateur d’une ONG locale à Goma. Ce retard met en lumière les dysfonctionnements dans la chaîne humanitaire et la dépendance critique du pays aux aides extérieures.
La situation s’aggrave à mesure que les besoins croissent. À Uvira, les hôpitaux publics ne disposent plus de médicaments essentiels. « J’ai dû vendre mes quelques biens pour acheter des antibiotiques pour mon fils. Comment continuer ainsi ? » raconte François, un père de famille. Des témoignages similaires affluent de l’ensemble du territoire, signalant des populations laissées pour compte malgré les promesses des donateurs.
Face à cette urgence, certaines ONG locales tentent de combler le vide. Elles organisent des distributions de nourriture et des soins de fortune, mais les moyens sont dérisoires. « Nous faisons notre possible, mais nous ne pouvons pas remplacer les financements internationaux. Chaque journée sans aide est une bataille perdue », explique Clarisse, infirmière à Bukavu. Cette impasse humanitaire met également en lumière les difficultés de coordination entre agences locales et internationales.
Les autorités congolaises, de leur côté, appellent à une mobilisation immédiate de la communauté internationale. « La RDC n’attend pas des discours, mais des actions concrètes et rapides. La vie de millions de nos concitoyens est en jeu », affirme un haut responsable du ministère de l’Action humanitaire à Kinshasa. Cette déclaration souligne le poids de la responsabilité internationale dans la réponse à la crise et la frustration des autorités face à la lenteur des engagements financiers.
Pour les populations, chaque jour qui passe est un rappel brutal de l’inaction du système international. Les familles déplacées, les enfants privés d’école et les malades sans soins témoignent d’un humanitaire en panne. « Nous n’avons plus confiance dans les promesses. Tout ce que nous demandons, c’est de l’aide réelle et immédiate », conclut Élisabeth, la voix tremblante mais déterminée. Une seule certitude demeure : sans une arrivée rapide des financements promis, la crise humanitaire en RDC continuera de s’aggraver, plongeant le pays dans une spirale dramatique difficile à inverser.
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