

Au Sud-Kivu, le territoire de Fizi s’enfonce dans une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Des dizaines de milliers de familles déplacées survivent dans des conditions précaires, tandis que les maladies gagnent du terrain et que l’aide tarde à arriver. Sur le terrain, les voix se lèvent pour alerter et exiger une réponse urgente.
Le dernier rapport du Comité permanent des déplacés dresse un tableau sombre : 44 490 familles, soit 244 698 personnes déplacées, sont aujourd’hui recensées à Fizi. En première ligne, les plus vulnérables : enfants, femmes, personnes âgées, personnes à mobilité réduite et personnes vivant avec handicap. « Nous assistons à une détresse humaine qui dépasse nos capacités locales », alerte un membre du comité, soulignant l’urgence d’une mobilisation nationale et internationale.
Dans les sites d’accueil improvisés, la survie est un combat quotidien. Manque de nourriture, d’eau potable et d’abris décents : la précarité est omniprésente. Une mère déplacée confie, la voix tremblante : « Mes enfants dorment à même le sol, parfois sans manger. Chaque jour est une épreuve ». Ces témoignages traduisent l’ampleur d’une crise humanitaire à Fizi qui s’aggrave de semaine en semaine.
La situation sanitaire est tout aussi préoccupante. Des cas de paludisme et de choléra ont déjà été enregistrés, avec des pertes en vies humaines. Un infirmier d’un centre de santé local témoigne : « Nous manquons de médicaments et de moyens. Les malades arrivent trop tard, et nous sommes impuissants ». Le risque d’épidémies majeures plane, menaçant l’ensemble des communautés hôtes.
Face à cette urgence, la société civile forces vives de Fizi tire la sonnette d’alarme. « Il faut une assistance holistique : nourriture, soins de santé, abris, eau et protection », insiste un responsable local. Pour ces acteurs, l’aide ponctuelle ne suffit plus ; seule une réponse coordonnée et durable peut éviter le pire.
Les autorités locales reconnaissent l’ampleur du défi. « Nous faisons ce que nous pouvons, mais nos moyens sont limités », admet un cadre administratif du territoire, appelant à un soutien renforcé du gouvernement central et des partenaires humanitaires. Sans cet appui, la pression sur les communautés locales risque de devenir explosive.
Alors que la crise des déplacés au Sud-Kivu s’enracine, Fizi apparaît comme l’un des épicentres de la détresse humaine. « Chaque jour sans aide coûte des vies », prévient un acteur humanitaire présent sur le terrain. L’appel est clair : agir maintenant pour sauver des milliers de personnes déplacées et redonner espoir à un territoire au bord de l’asphyxie.
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